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Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l’Agriculture Familiale (ProDAF) : “Notre vision au ProDAF, est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) »

Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l’Agriculture Familiale (ProDAF) : “Notre vision au ProDAF, est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) » Le ProDAF a été mis en vigueur en septembre 2015, pouvez-vous d’abord nous rappeler la vision de votre programme ?
Merci de l’opportunité que vous m’offrez pour présenter le ProDAF. En effet, la vision du ProDAF est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) à travers lesquels les producteurs ruraux soutenus par leurs organisations et les collectivités locales s’organisent, aménagent et exploitent de manière rationnelle et durable les bassins de production en vue d’alimenter les marchés ruraux et les centres de consommation urbains et même transfrontaliers. Pour faire de cette vision une réalité, le ProDAF mobilisera sur une période de 8 ans (2015-2023) plus de 110 milliards de FCFA grâce aux Accords de financement que le Gouvernement a déjà signé avec le FIDA, le FEM, l’OFID et la Coopération Italienne. Le ProDAF interviendra dans la bande centre sud des régions de Maradi, Tahoua et Zinder avec comme objectif général de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations rurales autour de 21 Pôles de Développement Economique.

Quelles sont les réalisations envisagées sur le terrain aux profits des populations de la zone d’intervention du ProDAF?

De manière concrète, les interventions du ProDAF couvriront sept domaines, notamment, i) la gestion durable des terres avec des actions de Conservation des Eaux du Sol et Défense et Restauration du Sol (CES/DRS) sur 20 750 ha pour une protection efficace des bassins de production, ii) la mobilisation des eaux avec la réalisations de 150 ouvrages dont 149 seuils, 7 mini barrages et 4 mares pour renforcer et consolider le potentiel en petite irrigation sur 7 500 ha, iii) le renforcement des capacités de 30 000 producteurs à travers la mise en place et l’animation de 1 750 Champs Ecoles Paysans (CEP) en cultures pluviales et irriguées, 210 Démonstrations d’Initiatives Paysannes en Elevage (DIPE), la promotion de la Régénération Naturelle Assistée (RNA) sur 190 000 ha, la mise en place de kits d’intrants agricoles et 13 500 kits de petits ruminants, de 90 greniers féminins de soudure et 240 Activités Génératrices de Revenus (AGR) au profit des ménages vulnérables, iv) l’aménagement des infrastructures de marchés dont 18 marchés de demi-gros, 20 centres de collectes et une trentaine de plates forme de services intégrés (maisons du paysan), v) la construction et réhabilitation des pistes sur un linéaire de plus de 1 300 Km, vi) le financement à coûts partagés (subvention adossée à un crédit) en collaboration avec les Institutions Financières au profit des promoteurs de la petite irrigation et les microentreprises rurales (MER) notamment des jeunes promoteurs intervenant en amont et aval de la production agricole et vii) la promotion des échanges transfrontaliers à travers trois corridors reliant les marchés des régions de Tahoua, Maradi et Zinder à ceux des Etats du Nord Nigéria.

A défaut de présenter les détails au niveau des sept axes d’intervention du ProDAF, pouvez-vous nous donner les détails sur un des axes d’intervention pour mesurer l’ampleur de vos interventions sur le terrain. Par exemple qu’est ce qui se fait au tour de la construction et réhabilitation des pistes rurales ?

Sur l’ensemble des sept axes d’intervention, le ProDAF travaille sur la durée et en réalisant des investissements conséquents et intégrés au sein des 21 PDE retenus, ce qui permet d’avoir les effets et impact recherchés. Pour s’en convaincre, au niveau de l’axe d’intervention relatif aux routes rurales, il est envisagé de réaliser dans chacune des trois régions, un linéaire de l’ordre de 400 à 500 km pour relier les bassins de production aux marchés ou des bassins de production à la frontière du Nigéria pour faciliter l’exportation des produits agro-pastoraux.

En considérant la période de 2011 à 2023(date d’achèvement du ProDAF), en terme de réalisations au titre de tous les projets fédérés par le ProDAF, nous dénombrons un linéaire de 1 305Km dont 391 Km déjà réalisés dans le cadre des projets PUSADER, PASADEM, PPI Ruwanmu et PUSADER+ sur financement du FIDA, OFID et Coopération Espagnole , 335 Km en cours d’études techniques dans le cadre des projets PAMIRTA et ProDAF sur financement de la Coopération Italienne, du FIDA et de OFID, 267Km au stade de lancement des études techniques sur financement de la Coopération Italienne et du FIDA et 312 Km en phase d’identification sur financement du FIDA. La répartition par région donne la situation suivante.

  • Région de Tahoua : 503 Km dont 37 Km réceptionnés, 171 Km en cours d’études techniques, 110 Km au stade de lancement des études et 185 Km en phase d’identification.
  • Région de Maradi : 418 Km dont 231 Km réceptionnés, 89 Km en cours d’études techniques, 98 Km au stade de lancement des études et 0 Km en phase d’identification.
  • Région de Zinder : 384 Km dont 123 Km en cours de réception, 75 Km en cours d’études techniques, 59 Km au stade de lancement des études et 127 Km identifiés et validés.

Quels sont les effets constatés ou induits par les pistes construites ou réhabilités dans le cadre de votre programme.

Les effets constatés montrent une amélioration importante de i) la facilité d’accès aux marchés par l’augmentation et la diversification du trafic (motos ou véhicules) se traduisant par la réduction du temps et du coût de transport, ii) les revenus des ménages ont augmenté, car les marges brutes des principaux acteurs économiques ont été boostées par la réduction du coût de transport, iii) les recettes des communes ont significativement augmenté du fait de la dynamisation des marchés hebdomadaires, iv) la sécurité alimentaire et nutritionnelle, car les céréales de base et les produits frais sont de plus en plus disponibles en quantité et sans rupture du fait du trafic hebdomadaire et parfois quotidien, v) l’accès aux services sociaux de base notamment les soins de santé par le rehaussement du taux de consultation prénatale ainsi que la baisse du coût et de la durée des évacuations, de la fréquentation scolaire et l’assiduité des enseignants au niveau des villages désenclavés, mais aussi le renforcement de l’accès à l’eau potable avec la réalisation et l’équipement des forages routiers, vi) l’environnement à travers la plantation des arbres aux entrées et sorties des villages et vii) la synergie d’action entre partenaires en réalisant les investissements complémentaires au niveau des bassins de production ou au niveau des marchés.

Onep

21 juillet 2017
Source : http://lesahel.org/

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