Interview du maire de Tillabéri : « Nous avons assuré, avec souvent l’appui de nos partenaires, régulièrement l’évacuation des déchets solides et la résorption des écoulements des eaux usées… »

 Interview du maire de Tillabéri : « Nous avons assuré, avec souvent l’appui de nos partenaires, régulièrement l’évacuation des déchets solides et la résorption des écoulements des eaux usées… »La question de l’assainissement est revenue au premier plan de l’actualité depuis la visite inopinée effectuée, il y a quelques jours, par le Président de la République dans la ville de Niamey. Les autorités régionales de Tillaberi ont depuis longtemps pris la question à bras le corps à travers plusieurs activités menées dans cette entité administrative. C’est pour expliquer la question de la salubrité dans la ville que le Maire de Tillaberi, Oumarou Kaboyé, a accordé un entretien à La Nation.

Quelles sont les mesures prises par la Mairie de Tillabéri pour assainir la ville en cette saison hivernale ?
Avant de parler des mesures prises, il faut d’abord éclairer vos lecteurs sur la complexité de l’assainissement en milieu urbain. En effet, il comporte, la gestion des déchets solides, la gestion des déchets liquides, l’évacuation des eaux pluviales et la lutte contre les vecteurs de maladies et bien sûr tous les autres aspects connexes. Donc, en parlant des mesures prises en cette période hivernale, il y a d’abord la programmation de ces activités dans la partie investissement du budget communal. Ce qui est fait depuis le mois d’octobre de l’année 2016 et pour un montant de 23.173.500F CFA.

La mise en œuvre des activités se fait avec les ressources de la Commune et les appuis extérieurs des partenaires. Compte tenu de l’insuffisance dans la mobilisation de ces ressources, nous avons établi un mécanisme de priorisation des activités. C’est ainsi que vous conviendrez avec moi que l’évacuation des déchets solides et liquides doit se faire pendant toute l’année alors que les autres comme l’évacuation des eaux pluviales et la lutte contre les vecteurs des maladies notamment les moustiques sont souhaitables la veille et/ou pendant la saison des pluies.

Pour revenir à l’objet de votre question, nous avons assuré avec souvent l’appui de nos partenaires régulièrement l’évacuation des déchets solides et la résorption des écoulements des eaux usées sur la voie publique tout au long de l’année par des actions diverses qui vont des opérations d’enlèvement avec engins mécaniques aux séances de salubrité publique et de sensibilisations des populations au changement de comportement. Aussi pour prévenir les inondations et la prolifération des vecteurs des maladies, nous avons entamé depuis les mois de Mai et juin 2017, le curage des caniveaux pour une meilleure évacuation des eaux pluviales et la destruction des gites larvaires des moustiques. Nous disposons d’une digue de protection contre les eaux pluviales à l’Est de la ville et cette digue a été réhabilitée avec l’érection d’un mur à moellons au niveau du principal point de rupture. En tout nous avons pu mobiliser à la date du mois de juillet 2017 au total un montant de quatorze millions de francs (14.000.000F FCFA) pour le secteur.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?
En termes de difficultés, il y a d’abord la faible mobilisation des ressources. Ce qui réduit notre capacité d’action. Dans le domaine de l’assainissement, l’autre difficulté majeure est le comportement néfaste de la population, vis-à-vis des ouvrages d’assainissement. Les ordures ne sont pas versées aux endroits indiqués mais plutôt dans les égouts, les fosses et puisards de réception des eaux usées sont implantés dans la rue et mal aménagés. Comme difficultés, il y a aussi l’échec des initiatives des jeunes dans le domaine de la pré collecte des ordures et enfin le problème logistique puisque la Commune ne dispose d’aucun engin mécanique.

Quel est l’appel à lancer à la population ?
Comme appel, la population se devait de se comporter en citoyen et non en habitant dans une ville. C'est-à-dire très soucieux de son environnement et son cadre de vie. Il existe des mesures coercitives contenues dans le code d’hygiène publique mais en tant qu’élu, notre souhait est d’amener les gens à cerner d’abord le bien fondé des actions afin d’assurer une meilleure pérennité.

HAROUNA SOUMAYE

27  juillet 2017
Source : La Nation

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