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Mme Habibatou Moussa Hassane présidente de la Fédération Nigérienne de Handball : «La nouvelle équipe dirigeante se propose à travers cet ambitieux programme de donner une nouvelle vision au handball nigérien à tous les niveaux»

Habibatou Moussa HassaneMme la présidente, vous êtes la seule femme qui dirige une fédération sportive au Niger. Pouvez-vous nous faire la rétrospective de votre élection à la tête de cette fédération ?
Je vous remercie très sincèrement pour cette opportunité que vous m'offrez pour m'exprimer à travers les colonnes de votre journal Sahel
Dimanche que je lis d'ailleurs régulièrement.
C'est vrai qu'une femme à la tête d'une fédération sportive au Niger n'est pas chose fréquente ; pour preuve, je suis la seule actuellement bien que j'ai succédé à ma sœur Oumou Traoré.
Les élections se sont déroulées comme prévu conformément à notre programme quadriennal que nous avons présenté aux électeurs. Les résultats du vote m'ont créditée à plus de 80% des voix face à notre challenger confirmant ainsi la pertinence de notre programme d'action.

Mme la présidente présentez-nous la Fédération Nigérienne de Handball, son mode de fonctionnement et comment y adhère-t-on ?
La Fédération Nigérienne de Handball (FENIHAND) est une association créée le 15 octobre 1981. Elle est affiliée au Comité Olympique et Sportif Nigérien (COSNI), à la Confédération Africaine de Handball (CAHB) et à la Fédération Internationale de Handball (IHF). La Fédération Nigérienne de Handball (FENIHAND) est structurée comme suit : au niveau des régions par des ligues régionales ; au niveau des départements par des comités départementaux et au niveau des arrondissements (communes) par des districts communaux et des clubs.
Elle a pour mission, entre autres, de promouvoir, d'organiser, de développer et de contrôler la pratique du handball; de créer, de faire développer les liens de solidarité et de fraternité entre tous ses démembrements sur l'ensemble du territoire national, l'animation des structures chargées de son encadrement (clubs, districts, ligues) ; d'entretenir des relations amicales avec les autres fédérations sœurs et de passer les conventions avec les associations internationales dont les activités sont en rapport avec ses objectifs (COSNI, CAHB, IHF) ; de prendre toutes les dispositions nécessaires et recommandations afin de prévenir des infractions aux statuts et règlements de la FENIHAND, aux lois et règles du jeu de l'IHF et enfin, d'interdire toute discrimination raciale, ethnique, religieuse et celle liée au genre
Notre intervention s'inscrit dans la mise en œuvre des activités prioritaires du plan d'action 2017-2020 que nous avons élaboré dans la droite ligne du programme du ministère de la Jeunesse des Sports.
Ainsi, la nouvelle équipe dirigeante se propose à travers cet ambitieux programme de donner une nouvelle vision au handball nigérien, tant sur le plan national, sous régional, régional, continental qu'international.
Les membres de la FENIHAND sont classés en trois groupes, notamment les membres d'honneur, les membres bienfaiteurs (sponsors) et les membres actifs. La qualité de membre d'honneur est décernée à toute personne ayant rendu d'éminents services à la FENIHAND.Toute personne physique ou morale acceptant de sponsoriser la FENIHAND peut accéder à la qualité de membre bienfaiteur. Pour adhérer à la FENIHAND en tant que membre actif, la personne doit s'acquitter de son droit d'entrée et de la cotisation annuelle.

Quelles sont les formes d'appui dont vous disposez pour mener à bien vos activités ?
Il faut rappeler que la FENIHAND ne dispose pas de moyens pour faire la politique de sa discipline. L'Etat par l'intermédiaire du ministère de la jeunesse et des sports alloue des subventions qui ne sont pas du tout régulières. Actuellement, le ministère nous doit près de 40 millions dont nous attendons toujours le remboursement depuis 2015 pour une compétition internationale que nous avons préfinancée.
En termes d'appui, vous le savez autant que moi, le sport n'est pas financé à sa juste valeur au Niger. La principale forme d'appui que nous recevons est le soutien ponctuel de certaines bonnes volontés que je remercie au passage et les cotisations des membres actifs.
Les équipes nationales et les clubs manquent toujours de soutiens financiers et/ou matériels, de sponsors officiels ou de partenaires. Ils souffrent aussi d'un manque crucial de participation aux compétions sous régionales, régionales, continentales et internationales.
Cette situation ne favorise guère le développement qualitatif et quantitatif de la pratique de cette discipline.

Expliquez-nous également comment se déroule votre mandat en tant que femme à la tête d'une fédération au Niger : y a-t-il des contraintes, voire des obstacles ? Que direz-vous à d'autres femmes qui veulent se lancer dans une aventure similaire ?
Mon mandat à la tête de la FENIHAND se déroule normalement mais non sans contraintes particulières liées à un manque de financement et non un manque de gestion des membres.
C'est vrai que, avant mon élection, je me posais mille et une questions sur la façon dont la collaboration allait se passer entre la femme que je suis et les hommes qui vont m'accompagner durant mon mandat. Donc, c'est en cela que je m'inquiétais. Mais, après, j'ai trouvé la réponse à mes interrogations car déjà en tant que vice-présidente de la précédente équipe de la FENIHAND et étant mère de famille, cheffe d'entreprise employant une vingtaine de personnes dont la majorité est masculine, je me suis dit que je peux valablement diriger la Fédération.
Néanmoins, je suis convaincue qu'il y a toujours des hommes qui ne sont pas encore prêts de voir une femme en compétition avec eux et je pense qu'il est grand temps que cette mentalité change dans notre pays.
Pour mon cas, je dirai que les femmes et les hommes qui m'ont élue le 3 décembre 2016 ont tout simplement compris qu'une femme peut bel et bien diriger dans ce pays et les exemples sont légion.

Mercredi dernier se sont tenues les compétitions nationales de handball : un mot à ce sujet ?
Nous avons procédé le 23 août dernier à l'ouverture de la 13ème édition du championnat national de handball qui a regroupé les 7 régions sur 8 du Niger, ce qui constitue à nos yeux un succès, vu le nombre de clubs participants. Le tournoi est placé cette année sous un signe de fairplay et de détection de jeunes talents qui nous permettra de constituer nos équipes nationales en vue des compétions sous régionales, régionales, continentales.

Réalisée par Samira Sabou(onep)

1er septembre 2017
Source : http://lesahel.org

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