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Entretien avec Amadou Djibo Ali dit Max « Nous sommes douze partis politiques mais douze déterminés. Il n’y a pas ce que le pouvoir ne fait pas pour arracher une brique à travers les douze, ça ne se fait pas, il n’y arrive pas. Nous sommes là, nous mourro

Entretien avec Amadou Djibo Ali dit Max « Nous sommes douze partis politiques mais douze déterminés. Il n’y a pas ce que le pouvoir ne fait pas pour arracher une brique à travers les douze, ça ne se fait pas, il n’y arrive pas. Nous sommes là, nous mourrons de faim mais nous mourrons dignement. »Rappel historique …
« il vous souviendra qu’avant les élections 2015-2016, l’opposition politique a, à maintes reprises, écrit et demandé au Premier ministre, Président du CNDP (ndlr, Conseil national de dialogue politique), une réunion du CNDP sur plusieurs questions et cela, plusieurs fois (…) A aucun moment il n’a été fait droit à notre requête. Pire, le président de la République lui-même et le ministre de l’Intérieur de l’époque, ont eu, à travers les médias internationaux, à dire qu’il n’y aura pas de CNDP. Tout cela présageait, bien évidemment, du hold-up électoral. En ce moment, ceci n’était pas perçu mais le temps a fait le reste. »

« Après les élections de 2010-2011, plusieurs décisions avaient été prises par la classe politique dans son ensemble dont celle de faire un fichier biomé- trique. A la date d’aujourd’hui, il n’y a pas de fichier biométrique au Niger. »

La nécessité d’une CENI indépendante …
« il vous souviendra qu’au sortir de la conférence nationale, personne n’avait confiance en l’autre. Et dans les grandes démocraties, vous savez, les élections sont organisées par le ministère de l’Intérieur. Comme nous n’avions pas confiance les uns aux autres, nous avions décidé qu’il faut une CENI neutre pour organiser des élections neutres et transparentes auxquelles tout le monde adhérerait. Voilà l’origine de la création des CENI. A la date d’aujourd’hui, cette confiance n’existe toujours pas. »

« Nous sommes douze partis politiques mais douze déterminés. Il n’y a pas ce que le pouvoir ne fait pas pour arracher une brique à travers les douze, ça ne se fait pas, il n’y arrive pas. Nous sommes là, nous mourrons de faim mais nous mourrons dignement. »

La reprise du dialogue …
« Tout d’un coup, le Premier ministre nous convoqua à son cabinet pour nous entendre dire : ‘’messieurs de l’opposition je vous remercie d’être venu et d’avoir répondu à mon appel. Je voulais vous entretenir sur quatre (4) points. Le premier est la reprise du dialogue, c'est-à-dire, il faudrait que nous trouvions un cadre d’entente pour nous concerter ; le deuxième point sera sur le Code électoral ; le troisième sur la CENI et le quatrième point, le fonctionnement du CNDP.’’

Après qu’il ait exposé cela, nous lui avons dit : monsieur le Premier ministre, tout cela relève d’un seul point, il s’agit : du CNDP. Vous voulez nous parler du CNDP ? Nous sommes preneurs, nous sommes pour la reprise du dialogue politique. Nous sommes d’accord avec vous mais sachez que le Niger est malade, votre gouvernance a rendu le Niger malade. Nous n’avons pas confiance en vous, vous n’avez pas confiance en nous, il faudra qu’on trouve un terrain d’entente. Et ce terrain d’entente, nous, nous le définissons comme suit : il faut qu’il y ait un cadre où nous allons faire un dialogue inclusif. Et de ce dialogue inclusif, il faudra qu’il y ait la participation de té- moins. Et à l’issue de ces échanges devant témoins, nous devons dégager un chronogramme d’exécution de tout ce que nous allons décider ensemble. Ce sur quoi, le Premier ministre a dit : ‘’ ah ! il y a un problème de délai ! ’’ Car ils étaient pressé par les dates. Nous lui avons rétorqué pour dire : monsieur le Premier ministre, les délais sont entre vos mains, il vous appartient de décider. Vous écrivez aujourd’hui, nous vous répondrons demain ! Il nous dit : ’’ faites-moi une proposition ‘’. Nous lui avons dit : non monsieur le Premier ministre, c’est à vous de nous faire une proposition. Nous vous ferons une contre-proposition du contenu et des acteurs que nous souhaitons voir à cette rencontre. »

La réponse du gouvernement …
« Quelle ne fut notre surprise ! Le lendemain matin, c’est le ministre de l’Intérieur, ministre d’Etat Bazoum Mohamed qui nous convoque encore à une autre réunion. Nous étions dubitatifs. On se demandait si ce n’était pas une démarche personnelle de Bazoum ou si c’était la même démarche du Premier ministre ? Nous avons quand même fait droit à sa requête et nous sommes partis à sa rencontre. Nous l’avons trouvé avec ses collaborateurs. Pour seul sujet, il nous sort le Code électoral et nous dit qu’à l’issue de ça, il y a eu un décret et voire même un Arrêté. Nous lui avons dit : monsieur le ministre d’Etat, ce n’est pas ce que nous avions arrêté avec le Premier ministre. Nous avions convenu avec le Premier ministre d’un dialogue préalable et inclusif. »

Le fameux CNDP …
« Ils nous ont envoyé une lettre à titre d’information, comme quoi, à 19h30 quand on va arriver, on va trouver les grands témoins tel que nous l’avions dit. C’était, vous convenez, un CNDP déguisé : cinq de la majorité, cinq de l’opposition, les grands témoins, à l’exclusion des non-affiliés et des autres forces vives de la nation. C’était pour nous prendre au piège pour faire une réunion qui s’appellerait je-ne-sais quoi. Je tiens à dire que cette réunionlà a été confondue à une réunion du CNDP. Il ne s’est agi à aucun moment, à notre entendement, d’une réunion du CNDP. C’était la réunion de concertation d’abord. Et cette réunion ne devait se faire que devant témoins. Et les té- moins, d’accord, ils nous ont signalé trois témoins : la chefferie traditionnelle, les religieux (l’association islamique et l’archevêché). Nous sommes parfaitement d’accord avec ces témoins mais ce ne sont pas nos témoins à nous. Nous aussi, nous sommes en droit de désigner quelques témoins. Ils avaient peur, semble-t-il, que ces té- moins-là ne débordent, que ça ne soit sous l’œil vigilant de l’extérieur. Et ils ont avancé que c’est un mini-conférence nationale souveraine que nous voulons etc. etc. »

L’opposition n’a pas participé aux travaux de révision des textes électoraux …
« Le Premier ministre a monté lui même un comité pour dire qu’il allait réviser les textes électoraux. A cette ré- vision-là, nous n’avons pas pris part parce que nous avions, avec eux, un passif qui n’était pas soldé. Donc, n’ayant pas pris part, ils ont mis, malgré tout, le comité qui a fait des travaux et qui a présenté les textes dans un soi disant CNDP. CNDP, auquel ni les non affiliés, ni l’opposition n’y était. Il n’y avait que la seule majorité au pouvoir qui a décidé justement d’entériner les textes révisés qui ont été envoyés au gouvernement. Et entre les textes du gouvernement et les textes envoyés à l’Assemblée, déjà, il y avait plusieurs versions. Arrivés à l’Assemblée, nos députés n’ont pas participé au vote du Code électoral. C’est ce code qui fait aujourd’hui problème. Pensez-vous, que nous n’ayons pas participé aux travaux préparatoires, ni au CNDP ni à l’Assemblée et que tout d’un coup, le Premier ministre nous appelle pour nous dire : envoyez-nous trois noms pour que nous montions notre CENI et qu’on le mette en marche, pensez-vous que nous allons abdiquer en dernière minute pour dire que ‘’nous voilà, nous n’avons plus de légitimes revendications’’ ? La CENI ! Elle est composée de treize membres. L’opposition donne trois membres, la majorité trois membres, un président et un vice-président qui sont choisis dans les conditions que vous savez – avec ce qui s’est passé hier – (ndlr, la désignation par la majorité des deux premières personnalités de la CENI), il y a un (1) représentant de la société civile, un (1) représentant des organisations féminines et trois représentants de l’administration, désignés par l’administration publique. Dans ces treize membres, le président et le vice-président tels que choisis hier, émanent forcément du pouvoir donc du PNDS et ses alliés, les trois représentants de la majorité appartiendront forcément à la majorité, ça fait cinq ; le représentant de la société civile, on a le bénéficie du doute, on ne sait pas d’où il peut appartenir ; le représentant du collectif des associations féminines est tout connu d’avance, c’était d’ailleurs la seule connue avant que la loi ne soit votée ; et il y a maintenant, les trois représentants de l’administration. Pensez-vous qu’avec les ‘’renaissants’’, on va avoir trois représentants de l’administration qui ne seraient autre chose que des roses, est-ce possible ? (…) maintenant je viens au bureau de la CENI parce que, vous savez, la CENI est placée pour six ans renouvelables une fois. Et ces six ans renouvelables une fois nous amènent à douze ans. Douze ans pour des élections qui ont lieu tous les cinq ans, ce qui revient à dire que la même CENI va perpétuer le forfait du hold-up de « Ibn Khattab » (ndlr, le Président Issoufou) qui, la première fois déjà a vu son mandat renouvelé par un hold-up qui, jusque-là n’est pas fini d’être soldé. Et comme il ne pourra pas, Mahamadou Issoufou ne peut d’aucune autre manière être président du Niger après 2021, et sachant le chaos dans lequel il a mis l’économie nigérienne et la razzia avec laquelle ils se sont rués sur les deniers publics au Niger, il faut qu’ils assurent leurs arrières car il faut laisser derrière soi quelqu’un qui ne vous demandera pas des comptes. Et je dis, l’Homme propose, Dieu dispose. Je pense que nous ne nous laisserons pas faire et nous n’accepterons pas que la CENI soit un apanage exclusif du PNDS.

Le bureau de la CENI ….
(…) nous allons nous retrouver à trois contre dix dans une CENI et à zéro dans le bureau qui dirige la CENI et on va réclamer quoi après ? (…) Le président et le vice-président étant PNDS, il y a deux rapporteurs selon les textes. Le premier rapporteur viendrait de l’administration publique, donc, PNDS et le deuxième du collectif des femmes donc, encore, PNDS. Quatre sur quatre, c'est-à-dire, que le bureau de la CENI sera patronné par le PNDS tout au long des douze années, à leur imagination parce qu’eux pensent qu’ils ont l’éternité devant eux or Seul le Seigneur a l’éternité devant Lui. »

Les moyens de lutte de l’opposition « Je ne connais pas encore de chef de guerre qui vienne en public déclarer sa manière de combattre et dérouler sa stratégie au Grand-marché. Donc, pour ne pas aller au fond des choses je peux m’arrêter là pour vous dire que nous disposons des moyens légaux pour l’instant et ça nous suffira pour faire entendre raison au régime (…) Nous nous pensons que la politique elle est qualitative et non quantitative parce que, vous avez, comme le disait (paix à son âme) feu Garba Sidikou, il y a des partis politiques de l’autre côté qui tiendraient leur congrès dans une cabine téléphonique. Nous sommes douze partis politiques mais douze déterminés. Il n’y a pas ce que le pouvoir ne fait pas pour arracher une brique à travers les douze, ça ne se fait pas, il n’y arrive pas. Nous sommes là, nous mourrons de faim mais nous mourrons dignement. »

Le FRDDR sait pouvoir compter sur le peuple du Niger …
« Vous pensez que les Nigériens, après qu’ils ne mangent pas les trois repas, s’ils mangent le petit-déjeuner, ils n’ont pas le déjeuner, s’ils mangent le déjeuner, ils n’ont pas le dîner, vous pensez, que les Nigériens vont continuer à laisser faire un régime, comme ça, dilapider cent millions par-là, deux cent milliards par-ci, trois cent millions par là, le riz japonais etc. et croiser les bras pour regarder tout le monde ? »

Comme nous avions eu à le souligner dans notre précédente parution, depuis la nomination de la nouvelle délégation spéciale de la ville de Niamey un vent de renouveau souffle sur la capitale. Ce, malgré le doute qui persiste sur la légalité de la dite délégation. En effet depuis la prise de fonction de la nouvelle administration sous la direction de Mouctar Mamoudou on constate un peu partout dans la ville la présence du personnel de la mairie, notamment pour les ramassages d’ordures, le curage des caniveaux pour ne citer que cela. Dans le but de poursuivre dans la même lancée, à la sortie d’une rencontre entre le président de la délégation spéciale et la délégué spéciale chargé des questions d’hygiènes et d’assainissement, avec les acteurs municipaux en charge de la propreté et de l’environnement de la ville de Niamey, il est décidé de préconisé les mesures suivantes : d’organisation des audiences foraines avec les chefs de quartiers pour une meilleure participation citoyenne aux actions d’assainissement de la ville de Niamey. Mais aussi des mesures de préventions comme l’installation d’une brigade sanitaire ; la création d’un comité de salubrité dans chaque quartier de la ville ; l’installation des comités de salubrités des établissement publique et privés ; une opération dénommée 0 plastique dans la ville de Niamey ; une opération dénommée 0 pipi, 0 caca dans les rues et places publiques de la ville ; l’obligation pour chaque ménage et entreprise à s’abonner auprès de pré-collecteurs, qui seront identifiés, formés et immatriculés ; l’obligation pour chaque opérateur exerçant sur les voies et places publiques de disposer d’un dispositif ou les déchets qu’il produits seront jetés ; le curage systématique de tous les caniveaux de la ville ; interdiction de brancher les tuyaux des ménages sur les réseaux et canalisations, et pour couronner tout ça un numéro vert sera opérationnel. Parmi ces mesures préconisées déjà quelques uns sont mise en pratique comme l’interdiction de branchement des tuyaux du ménage sur les réseaux et canalisations. Finalement la volonté est entrain de triompher sur la politique au grand plaisir du citoyen.

21 octobre 2017
Source : L'Eclosion

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