L'Invité de Nigerdiaspora : M. Adamou Garba, Président du parti RSV-NI’IMA

Adamou Garba 001Monsieur le Président, Parlez-nous de vous ! Qui est Adamou Garba ? Votre parcours professionnels ? 
Merci beaucoup pour l’intérêt que vous portez à ma carrière et surtout à mes engagements politiques. En fait, j’ai suivi mes études secondaires au Lycée Issa Korombé de Niamey. Ensuite, j’ai poursuivi mon cursus universitaire à l’Université de Lomé, puis de Poitiers et enfin à Paris2 à l’Institut Français de Presse. En résumé, je suis juriste de formation de base et journaliste de profession. J’ai fait mes premiers pas au sein de l’équipe de rédaction des journaux « Le Sahel » et au « Sahel Dimanche » avant se poursuivre ma carrière dans les institutions nationales. J’ai été Conseiller en communication dans l’une des Institutions puis Conseiller technique et spécial au Cabinet du Premier à deux reprises. J’ai également eu la chance de participer à l’élaboration de deux Constitutions de mon pays sous les périodes de transition. J’ai enfin terminé ma carrière administrative en accédant à la plus haute fonction administrative à laquelle pouvait prétendre un haut cadre de l’administration au Niger et ce au ministère en charge de la communication et des relations avec les institutions.

Au niveau de la vie associative, j’ai également participé depuis 1992 au processus de mise en place des structures des Verts à l’échelle mondiale, continentale (Afrique) et sous régionale (Afrique de l’Ouest). De même que j’ai à participé à plusieurs rencontres internationales de haut niveau au sein du réseau des Verts mondiaux ainsi qu’à l’échelle du continent Africain. Actuellement, je suis membre du Conseil d’Administration de Global Greens (Verts mondiaux), de la Fédération des Verts d’Afrique ainsi que de la Fédération des partis écologistes et verts d’Afrique de l’Ouest. Voici de manière succincte ce que je eux dire.

Parlez-nous du film documentaire « La Ceinture Verte ne doit pas disparaitre », pourquoi un film sur la ceinture verte de Niamey.
Comme vous le savez, le combat pour la réhabilitation de la Ceinture verte de Niamey a toujours été l’une de nos priorités. Nous pensons qu’il fallait vaille que vaille essayer de sauver ce patrimoine national pour son rôle essentiel dans la régulation du climat de la capitale. Car une capitale représente tout un symbole pour un pays. Nous avons voulu avec le cinéaste Harouna Coulibaly, sensibiliser d’abord le pouvoir politique qui gère le pays et la capitale, ensuite les populations qui y habitent et aussi nous partenaires Verts et enfin les bailleurs de fonds du Niger sur l’état de dégradation de la Ceinture Verte et sur l’urgence .de la restaurer.

Elle date de longtemps cette ceinture ? Peut-on encore parler de ceinture verte ? 
La Ceinture Verte a été créée en 1965 par le premier gouvernement post indépendance qui a bien évalué la situation environnementale en son temps et pris la courageuse décision suivie immédiatement par des plantations d’arbres avec le soutien des partenaires du Niger.

On peut, effectivement, toujours parler de Ceinture Verte même si il y a actuellement plus de 14 000 villas construites dans l’emprise de celle-ci et que la ville s’est étendue au-delà de cet espace. Les raisons qui ont guidées à sa construction, elles, n’ont pas disparues et que toutes les constructions ont été faites en violation de la loi.

De quoi souffre cette ceinture ? Comment la guérir ? Des actions, des solutions, des partenaires ?

La Ceintures verte souffre de plusieurs maux. D’abord son abandon par les pouvoir publics aux spéculateurs fonciers. Spéculateurs privés et publics, qui ont procédé au morcellement et au lotissement de la Ceinture Verte. La Ceinture Verte est aussi transformée en décharge municipale où sont déversées toutes les ordures solides et liquides de la ville de Niamey. Elle fait également l’objet d’occupation illégale à la fois par une catégorie d’artisans (mécaniciens, fabricants de briques…) mais aussi par de simples particuliers. Les arbres sont aussi coupés nuitamment et très souvent, elle est également victime d’incendies dévastateurs. Bref, la Ceinture Verte est saccagée. Des solutions existent. Il faut d’abord que les occupants illégaux soient déguerpis quelques soient les conséquences. Ensuite, il y a des travaux d’aménagement à faire avec l’appui de bonnes volontés et les partenaires à travers des plans d’aménagements qui doivent transformer la Ceinture Verte au profit des populations de la ville et surtout de la jeunesse. Nous y reviendrons étant donné l’importance de ce volet.

Adamou Garba 02Ce film a-t-il fait évoluer les choses ? Quelque chose a dû changer depuis sa sortie ?
La réalisation et la large diffusion de ce film a fait évoluer la situation. Posté sur You tube, face book et d’autres réseaux sociaux, il a fait le tour du monde. Résultat, plusieurs milliers de personnes l’ont vu et revu.

Beaucoup de gens y compris dans les sphères de décisions a commencé par le Président de la République en personne ont reçu le film et l’ont visionné. Croyez-moi, qu’ils ont tous pris conscience de la gravité de la situation.Si certains ont pris rapidement des initiatives à leur niveau, d’autres ont attendu longtemps avant de le faire.

A qui pensez-vous en particulier ?
Je pense d’abord l’Ancien Premier Mahamadou Danda qui s’est personnellement investi non seulement sur le terrain en allant planter des arbres dans la Ceinture Verte, mais aussi en prenant une part importante dans le ce film. Je pense également au Ministre Wassalké Boukari qui au Gouvernement a porté haut la défense de la Ceinture et a pris des mesures concrètes pour sa réhabilitation. Je pense également à l’actuel Ministre de l’Environnement Almoustapha Garba qui s’est investi à fond dans la recherche de solutions durables. Je pense à beaucoup d’autres Nigériens comme Moustapha Kadi, Ali Dan Bouzoua, le Grand frère Dr Abdoulaye Hassan Diallo, à nos militants et sympathisants et aussi des non Nigériens comme Thérèse Snoy, ancienne parlementaire Belge, Ecolo de Belgique, le Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso et la liste est longue. J’en profite pour rendre un hommage spécial à la presse nigérienne et aux journalistes nigériens qui ont fait un travail remarquable de sensibilisation sur la Ceinture Verte.

A la COP 21, vous avez beaucoup parlé de la Ceinture Verte. Quel lien y a-t-il entre les deux ?
C’est vrai à la COP 21 et aussi à la COP 22, nous sommes allés au-delà du film. Nous avons réalisé un autre document intitulé « Contribution du RSV NI’IMA à la COP 21 ». Nous avons beaucoup travaillé lors de la COP21 qui a vu la signature de l’Accord de Paris. La COP qui est la conférence des parties sur le Climat a un lien évident avec la Ceinture Verte. Pourquoi ? Parce que la Ceinture Verte de Niamey a été créée pour réguler le climat autour de la Capitale.

Adamou Garba 01Dans le cadre de cette COP 21, vous avez certainement entrepris des actions au Niger.
Nous avions organisé une campagne de sensibilisation tous azimuts avec nos différents supports en main. Croyez-moi que cette campagne a porté ses fruits.

Comment le gouvernement accueille-t-il votre combat ? En tant que parti vert, quelles sont vos relations avec les autorités actuelles ?
Le Gouvernement sait parfaitement que notre combat est juste. Plusieurs fois en Conseil des ministres d’importantes décisions concernant la Ceinture Verte avaient été prises notamment l’interdiction de lotir dans l’emprise de celle-ci. Mais dans la mise en œuvre, il y a toujours eu des failles liées aux intérêts particuliers et partisans, la corruption, les conflits d’intérêts et d’autres considérations…toujours en violation de la loi. Nous avons toujours demandé et réclamé l’application de la loi et certains membres du gouvernement sont d’accord avec notre démarche. Mais ceux-ci ont toujours rencontré l’opposition de leurs collègues qui défendent des intérêts particuliers et partisans.

On vient d’appendre que le Gouvernent, au cours du Conseil des Ministres du 12 janvier 2018 a pris la décision de restaurer la Ceinture Verte dans sa vocation initiale. Quelle est votre réaction ?
Personnellement, je me réjouis de cette décision en disant qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Peut être que le moment est venu, maintenant, de régler définitivement ce dossier. Le Gouvernement a compris qu’on a trop tourné en rond et qu’il faut s’arrêter et repartir du bon pied. Je souhaite qu’il en soit ainsi.

Adamou Garba NigerdiasporaVous venez de signer un accord de fusion avec un parti membre de la MRN, des raisons expliquent ce choix.  Avant cela, vous étiez membre de la MRN, c’est ça.
C’est vrai qu’on vient de signer le 28 décembre 2017 un accord de fusion avec le MPN KISHIN KASSA. Cet accord est le fruit d’une longue réflexion liée à l’avenir politique de notre pays. Notre pays traverse une longue crise politique, institutionnelle et socio-économique et a des difficultés à se stabiliser. Dans cette crise, les partis politiques constituent des acteurs majeurs. Notre analyse est que l’émiettement des partis politiques pourrait être suivi par l’implosion d’autres partis. Ces facteurs seront aggravants dans la crise actuelle. La solution doit être recherchée dans le regroupement sous forme de fusion, à savoir la création de nouveaux grands partis sur la base d’accords structurants. C’est ce que nous venons de faire. C’est un processus en marche.

Oui, nous étions membre de la MRN, mais nous avions suspendu notre participation pour des raisons claires rendues publiques par voie de presse et le non règlement du dossier de la Ceinture Verte a pesé lourd dans notre décision.

Président Adamou Garba, votre lecture de la politique nigérienne d’aujourd’hui.
En deux phrases. Nous sommes dans un pays à la dérive. Sa stabilisation nécessite la conjugaison des efforts de tous les Nigériens, toutes tendances confondues.

Et si vous devez dire un mot de fin !
Prions pour le Niger et agissons pour le retour de la paix et de la stabilité. Misons sur l’avenir.


Réalisée par Boubacar Guédé
16 janvier 2018
Source : http://nigerdiaspora.net

 

Doc sur le vert "La Ceinture Verte de Niamey ne doit pas disparaître"
demo
 
 La Ceinture Verte de Niamey ne doit pas disparaître

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