Interview de M. Albadé Abouba, Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage "Le CILSS est une structure d’une importance capitale pour nos Etats qui l’ont continuellement adapté à l’évolution du temps pour prendre en charge les véritables pr

Albade Abouba Interview Cilss Le Niger accueille les assises des instances du CILSS dont la Confé­rence des Chefs d’Etat, quel est le sentiment qui vous anime à la veille de la Conférence des Chefs d’Etat des pays membres du CILSS ?

Effectivement notre pays a l’honneur d’accueillir cette semaine les Assises du Comité inter­États de lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS). Dans la mémoire collective des nigériens, le CILSS nous renvoie aux grandes sé­ cheresses des années 1968, 1973 particulièrement.

Depuis sa création le 12 septembre 1973, le CILSS a beaucoup contribué à mobiliser nos populations sahéliennes et la communauté internationale autour des problèmes du SAHEL notamment la fragilité de notre écosystème, à la faiblesse de nos productions et aux risques liés aux catastrophes naturelles ­ (Sécheresse, famine, etc.) mais surtout sur la nécessité de mettre en œuvre des programmes intégrés dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’hydraulique, de l’environnement, de l’énergie à travers des projets structurants.

C’est donc d’une véritable prise de conscience qu’il s’agit, afin de mieux appréhender notre propre développement dans le cadre intégrateur de notre espace, le SAHEL.

Les assises sont programmées ainsi qu’il suit : d’abord la réunion des experts du 2 au 4 février pour préparer les dossiers à examiner par la réunion des Ministres du CILSS ; tenue de la 53ème session ordinaire du Conseil des Ministres le 5 février ; et enfin la Conférence des Chefs d’Etats des pays membres le 7 février. Le sentiment qui nous anime aujourd’hui est celui d’une grande fierté de voir notre Pays réussir coup sur coup l’organisation de deux (2) grands évènements : la Confé­rence des Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres du CILSS précédée comme vous l’avez vue, du Sommet du G5­Sahel le 6 février. Cela prouve la confiance que le Président de la République Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU inspire au plan international ainsi que la vitalité de la diplomatie qu’il a instauré dans sa vision désormais très partagée par tous les Partenaires de notre Pays.

Le CILSS c’est, avant tout, la question alimentaire au Sahel, le Gouvernement du Niger justement s’investi dans cette question à travers l’exécution de l’Initiative 3N. Quelle contribution attendez-­vous du Sommet de Niamey ?

Le CILSS est une structure d’une importance capitale pour nos Etats qui l’ont continuellement adapté à l’évolution du temps pour prendre en charge les véritables préoccupations de nos populations. Déjà en 1995 les activités furent recentrées essentiellement autour de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles.

Et comme vous le savez, le Sahel a toujours été confronté aux effets de la variabilité et du changement climatique dont les conséquences sur les conditions de vie des populations sont assez souvent dramatiques : inondations, sécheresse, invasion des ennemis des cultures, amplification de l’érosion côtière et la dé­sertification. Les incidences sur nos systèmes de production agro­sylvopastoraux et nos écosystèmes naturels sont néfastes et contribuent à l’aggravation de la vulné­rabilité et de la pauvreté des populations. Face à cette problématique, des institutions d’intégration comme le CILSS ont initié des actions de lutte contre l’insécurité alimentaire, la désertification et le changement climatique dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Au Niger, comme vous pouvez l’imaginer, cette question de sécurité alimentaire est une préoccupation majeure permanente de Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou Président de la République, Chef de l’Etat qui a impulsé et fait mettre en œuvre l’Initiative 3N «Les Nigériens Nourrissent Les Nigé­ riens». C’est notre Politique Agricole très ambitieuse pour réaliser dans notre pays l’autosuffisance alimentaire, afin que «les sécheresses ré­currentes ne soient plus synonymes de famine » et donc, de sortir le pays des cycles récurrents de crises alimentaires et atteindre l’objectif Faim Zéro d’ici 2021, donc l’éradication de la faim et de la pauvreté.

Le Sommet de Niamey a permis de mesurer le chemin parcouru et de prendre la mesure des changements à opérer, en tenant compte des nouveaux défis pour le CILSS. En effet, comme vous pouvez le constater, on reconnait de plus en plus que les relations entre la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la sécurité des personnes et des biens et le Développement sont très imbriquées.

Les assises de Niamey vont contribuer à mieux assurer les liens entre ces trois pôles de ce tryptique, c’est­à­dire articuler le rôle du CILSS en établissant les liens nécessaires avec les autres acteurs qui œuvrent dans la sous­région : le G5­Sahel, la CEDEAO, l’UEMOA, l’Autorité du LIPTAKO GOUMA, l’Autorité du Bassin du Niger, etc.

De même, ceci ne va pas se réaliser sans que l’on ne tire les implications pour le CILSS en termes d’expériences capitalisées et de la nécessité impé­ rieuse de doter cette institution des ressources nécessaires pour la mise en œuvre de ses programmes.

Quelle appréciation faites-­vous du bilan de l’organisation CILSS en 45 ans d’existence?

En dépit de la conjoncture économique que traversent les états membres du CILSS, cette organisation, en 45 ans d’existence a acquis des résultats très satisfaisants dans le domaine de la prévention et la gestion des crises alimentaires et de la lutte contre la désertification et ce, au grand bonheur des populations de la sous ré­gion. Ces résultats sont reconnus de tous : nos Etats, les Institutions ré­gionales notamment la CEDEAO, l’UEMOA, les Partenaires au Développement.

Cependant, il faut aussi noter que le CILSS a aujourd’hui évolué dans son approche de la prévention des crises alimentaires, en prenant en compte des éléments comme la nutrition, l’importance des échanges dans l’espace de l’Institution.

Sous la présidence en exercice de notre pays qui débute, j’ai l’intime conviction que Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat se propose d’impulser une nouvelle dynamique à notre Organisation.

En effet, le Président de la République, Chef de l’Etat aura à présenter la feuille de route qu’il estimera né­ cessaire et définir les orientations qu’il souhaite imprimer à l’Organisation devant ses Pairs Chefs d’Etat et de Gouvernement.

A cette occasion serons tous édifiés quant à l’ambition nouvelle de Notre Institution sous la Présidence en exercice de Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat. ......Pour lire la suite abonnez- vous

Réalisée par Mahaman Bako 

07 février 2018
Source : http://www.lesahel.org/


Lesahel.ne

 

 

Imprimer