Interview de M. Assoumana Mallam Issa, ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale «Le colloque est une rencontre des experts sur le document issu de ces consultations populaires en vue de sa validation».

Monsieur le Ministre, un colloque sur la renaissance culturelle se tient depuis hier à Niamey. Quel est l’objet principal de cette rencontre?

Merci de l’occasion que vous me donnez de parler de cette importante rencontre qui est une étape décisive du processus d’élaboration participative de notre document de programme. Il vous souviendra que ce document constitué de deux parties : le diagnostic et la feuille de route en deux Programmes a fait l’objet de partage en régions, dans les réseaux sociaux et auprès de la représentation nationale.

Le colloque est une rencontre des experts sur le document issu de ces consultations populaires en vue de sa validation par des sociologues, des économistes, ders juristes, des psychologues, des historiens, des démographes, des philosophes, des anthropologues. Il nous permettra, à terme, d’enrichir le document sur les aspects relatifs à la conceptualisation de la Renaissance Culturelle, à l’analyse des déterminants des comportements actuels des nigériens, à la définition des indicateurs de mesure du changement des comportements et à la priorisation des actions à mener.

Monsieur le ministre, après les assises sur la Renaissance Culturelle organisées dans les huit régions du Niger, le travail de conceptualisation, un inventaire des valeurs à promouvoir et des contre-valeurs à combattre, n’est-il pas temps de parler plutôt d’actions ou de mise en œuvre des programmes ?

Je conviens avec vous qu’il est temps d’agir surtout au regard de l’acuité de certains problèmes. Il est vrai que nous prenons le temps de nous assurer que nous avons pris en compte tous les paramètres, car il s’agit de travailler pour transformer des hommes. Mais pouvons dire que la mise en œuvre a commencé avec toute la communication que nous avions faite sur le programme.

Parallèlement, nous avons élaboré un projet pilote de création et d’animation d’espaces de débats et d’éducation à la citoyenneté dénommé «Arbre à Palabres, Espaces de Débats et de d’Education à la Citoyenneté » (APEDEC). Ce projet, une fois validé, sera mis en œuvre pour la phase pilote à Niamey pour une durée de quinze mois avec un mécanisme de préparation des autres régions à la mise à l’échelle.

Nous avions organisé un forum de dialogue intra et interreligieux pour la promotion de la Paix avec l’appui bienveillant de la CDEAO. Ce forum nous a permis de réunir toutes les confessions religieuses de l’espace CDEAO et d’échanger sur la culture de la paix.

Depuis notre installation, nous avons fait de la promotion des talents de la nation notre cheval de bataille, parce que nous sommes conscients du fait que celle-ci, en plus d’être un acte de reconnaissance pour ceux qui ont mérité de la nation, est aussi une source d’inspiration pour notre jeunesse en particulier. Dans ce sens, nous avions organisé en 2016 un hommage au Président Diori Harman, premier Président de notre pays.

Nous avons aussi organisé avec l’Association des Ecrivains en Langues Nationale, un concours dénommé « Prix Professeur Hambaly Junju », un concours destiné à honorer la mémoire de ce grand patriote et à appuyer la production littéraire en langues nationales

Nous envisageons également organiser en avril 2018, un hommage au Professeur Abdou Moumouni Dioffo. Pour cet hommage nous avons mis en place un comité d’organisation qui a déjà déposé les conclusions de ces réflexions qui intègrent outre les activités à réaliser et leur budget, les pays et les personnalités à inviter.

Je citerai également le processus d’une campagne pilote d’information, d’Education et de Communication sur des thématiques prioritaires telles que la mendicité, la sécurité routière, le respect des biens publics est également engagé avec la mise en place d’un comité interministérielle qui est à pied d’œuvre pour proposer les messages y afférents, valider les supports produits avant diffusion.

Concrètement, comment se fait la mise en œuvre du programme de renaissance culturelle et de modernisation sociale ?

Il s’agit en réalité d’un programme de Modernisation sociale, politique et économique dont la mise en œuvre se fera à travers divers vecteurs que nous avons identifiés dans le programme. Les différentes activités retenues dans ce programme seront exécutées conformément à nos programmations annuelles. Ces vecteurs sont les institutions, la culture, la religion, la famille, le système éducatif, les organisations de la société civile, la chefferie traditionnelle etc.

Le programme de la renaissance culturelle touche plusieurs domaines qui concernent également d’autres Ministères. Comment se fait la coordination dans les actions ?

La mise en œuvre de ce programme se fera en concertation avec différents Ministères et partenaires concernés par les questions à traiter. Notre Ministère a de ce fait un caractère transversal. C’est pourquoi, sur toutes les questions qui concernent d’autres ministères, nous mettrons en place des cadres de concertation en vue d’apporter les solutions les plus adaptées.

Monsieur le Ministre, il faut énormément de moyens financiers pour réaliser cet ambitieux programme. Y’a-t-il une mobilisation conséquente de moyens dans ce sens ?

Nous en avons conscience même si nous n’en faisons pas de fixation. Et nous avons la conviction que la volonté politique aidant, nous aurons les moyens de notre politique. Dans le cadre du PDES 2017-2018, une inscription réaliste est faite pour nous permettre de conduire ce chantier.

Réalisée par Souley Moutari

p>16 février 2018 
Source : http://www.lesahel.org/

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