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Invité de l'Onep : Me Ali Sirfi Maïga, Médiateur de la République « Le Médiateur de la République entend ainsi occuper toute la place qui lui est dévolue afin d’assurer pleinement la médiation institutionnelle pour réparer les torts commis auxcitoyens et

Le  Médiateur de la République, Me Ali Sirfi Maïga, « Le Médiateur de la République Le Médiateur de la République, Me Ali Sirfi Maïga Monsieur le Médiateur, votre institution créée, il ya quelques années seulement au Niger, travaille aujourd’hui avec plusieurs secteurs de la vie socioéconomique de notre pays. Pouvez-vous nous expliquez le rôle exact et les attributions du Médiateur de la République au Niger ?

Merci une fois de plus pour l’opportunité que nous offre votre Hebdomadaire pour informer d’avantage l’opinion sur la mission combien exaltante du Médiateur de la République. Instituée, pour la première fois en 1990 puis dissoute en 1991 à la faveur de la Conférence Nationale Souveraine, elle a été réhabilitée par la loi N° 2008-36 du 10 juillet 2008 sous la 5ème République avec la nomination de M. Mamane Oumarou en qualité de Médiateur de la République. Inscrite dans la Constitution de la 6ème République, elle a été dissoute à nouveau, à la suite du coup d’Etat militaire du 18 février 2010, pour être restaurée par la loi n° 2011-18 du 08 Aout 2011 instituant un Médiateur de la République, modifiée et complétée par la loi n° 2013-30 du 17 juin 2013.

De par ce texte, le Médiateur de la République est une autorité administrative indépendante intervenant dans le règlement des litiges entre l'administration et les administrés de l'exécution de ses missions de service public qui consistent à : assurer la médiation institutionnelle pour réparer les torts commis aux citoyens et les réconcilier avec l'administration ; assurer la veille démocratique pour la construction d’un Etat de droit; défendre les droits des citoyens ; promouvoir la stabilité sociale et la paix; contribuer à la modernisation de l'Etat ; défendre les droits des enfants et des personnes vulnérables, et défendre le droit d’accès des citoyens à l’information publique.

Le Médiateur de la République peut s’autosaisir des situations dont il a connaissance et qui relèvent de sa compétence, chaque fois qu’il a des motifs raisonnables de croire qu’une personne ou un groupe de personnes a été, anormalement, lésé ou peut vraisemblablement l’être par acte ou omission d’un organisme public.

A ce jour, peut-on s avoir le nombre d’affaires dans les quelles, votre institution est intervenue ?

Actuellement nous sommes en phase de finition de notre rapport d’activités 2017 dans lequel figurent toutes les statistiques de l’année écoulée. Ce rapport une fois achevé sera présenté au Président de la République, au Président de l’Assemblée Nationale avant d’être publié officiellement. D’ores et déjà nous pouvons vous donner en résumé une idée du travail fait par le service de réclamations au 31 décembre 2017.

Au 1er janvier 2017, il restait 45 dossiers de réclamation de l’année 2016. A ceux-ci, il faut ajouter 45 réclamations reçues au cours de l’année 2017. Ce qui fait un cumul de 90 réclamations reçues, traitées ou en cours de traitement à la date du 31 décembre 2017. Sur ce cumul, 30 sont closes et 60 sont en cours de traitement.

Pour quel (s) résultat (s) Monsieur le Médiateur ?

Conformément à son plan d’actions stratégiques, l’Institution a doté toutes les huit régions du pays de délégations régionales, pour être à la portée et à l’écoute de tous les citoyens. Des correspondants du Médiateur de la République sont nommés également dans les différents Ministères pour le suivi régulier et efficace des dossiers transmis à leurs structures. Un satisfécit que l’Institution se doit de relever à travers le présent rapport d’activités 2017.

En dehors des activités traditionnelles de règlement de litiges, l’institution s’est impliquée dans la résolution de plusieurs crises sociales, dans les domaines notamment de la santé, l’éducation, le transport, la fonction publique, les pensions des retraités, le civisme et la crise migratoire.Des comités ad ’hoc ont été mis en place pour réfléchir et faire des propositions d’amélioration des questions portant sur ces secteurs. Ces comités ont soumis des recommandations au Médiateur de la République qui en a fait des propositions de réformes au Gouvernement.

Notre implication également dans l’organisation du Hadj 2017 a permis la réussite parfaite de cette édition, à la satisfaction générale des pèlerins.

Sur le plan régional et international, plusieurs offensives ont été menées et réussies avec la signature de Mémorandums d’entente avec des institutions sœurs de Médiateurs et Ombudsmans en vue de soutenir les efforts de notre jeune institution.

Est-ce à-dire que les populations commencent à comprendre le rôle de votre institution ? Sinon que faites vous pour faire connaitre aux populations que vous êtes également un recours ?

L’institution du Médiateur de la République qui entre dans sa dixième année d’existence amorce sa vitesse de croisière sur l’échiquier national et international de par sa politique d’approche des citoyens qui lui font de plus en plus confiance dans le traitement réservé à leurs réclamations et plaintes.

Grâce à une forte internalisation, une coopération permanente avec l’Administration, le Médiateur de la République est devenu un élément essentiel dans le fonctionnement des établissements publics, des collectivités locales et de tout autre organisme investi d'une mission de service public dans leurs rapports avec les usagers. En mettant à contribution son dispositif juridique, les avancées technologiques, la coopération bilatérale et divers partenariats, il s’affirme davantage face aux défis du moment.

Le Médiateur de la République entend ainsi occuper toute la place qui lui est dévolue afin d’assurer pleinement la médiation institutionnelle pour réparer les torts commis aux citoyens et les réconcilier avec l'administration. Dans cette optique, le moment est venu de rompre avec le système ancien qui confine l’Institution à ne faire que de la médiation institutionnelle, délaissant les autres secteurs où elle aurait pu jouer un rôle remarquable. Conscient de cela, le Médiateur de la République s’adonne désormais dans la consolidation de la paix et la quiétude sociale.

Faire la médiation n’est pas si facile et pourtant votre institution continue de jouer ce rôle. Quelles sont les difficultés que vous rencontrez véritablement dans votre mission ?

Les difficultés comme dans toute administration ne manquent pas mais par la grâce de Dieu, nous arrivons tant bien que mal à les surmonter. L’une des principales difficultés auxquelles nous étions confrontées était le suivi de nos correspondances au niveau des administrations incriminées qui ne daignaient pas nous répondre. Mais grâce à l’intervention du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui, dans une lettre en date du 8 janvier 2018 adressée à tous les Ministres, les choses semblent rentrer dans l’ordre.

Dans sa lettre référencée ci-dessus, le Chef du Gouvernement a déploré le manque d’intérêt que portent les administrations publiques aux correspondances du Médiateur de la République, malgré des lettres de rappel de sa part. Cette situation dénote de la méconnaissance du rôle et de la place de l’institution, ce qui relève du non- respect d’une exigence de la légalité. Le Premier Ministre les a appelé au sens de responsabilité et les a engagés à donner suite aux saisines du Médiateur de la République en souffrance au niveau de leurs administrations et à veiller à l’avenir à répondre promptement à toutes ses sollicitations dans le respect de la réglementation en vigueur.

C’est dire aussi, qu’au vu des objectifs que s’est assignés l’institution, aucun résultat ne pourrait être atteint sans le dialogue et la confiance qui sont des voies privilégiées pour instaurer la paix définitive dans notre pays et au-delà dans la sous-région qui connaît actuellement des multiples périls et menaces.

C’est le lieu pour nous d’inviter nos concitoyens à beaucoup plus de civisme et de patriotisme à travers un changement de comportement, qui doit être individuellement ou collectivement visible dans notre vie quotidienne. Pour y parvenir il nous faudra réapprendre à respecter nos lois et institutions, les biens publics, les valeurs que nous enseigne notre hymne national et bannir tout esprit d’égoïsme, de népotisme, de xénophobie, d’incivisme et d’intolérance.

La tolérance pour un mieux vivre ensemble, le respect de la femme et le respect de la parole donnée sont des valeurs que nous enseignent nos traditions ancestrales et toutes les religions aussi bien l’Islam que le Christianisme. Aussi, notre boussole doit être le pardon qui favorisera la paix et la quiétude sociale.

Le Médiateur de la République étant un instrument de paix et de veille démocratique, notre mission consiste à œuvrer davantage pour la préservation et le renforcement de l’unité nationale.

Réalisée par Idé Fatouma 

23 mars 2018 
Source : http://www.lesahel.org/


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