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Interview de M. Issa Moussa, Gouverneur de la Région de Zinder : « Je suis totalement satisfait des travaux exécutés ; nous tiendrons le délai tel qu'il a été prévu, et la fête sera très belle »

Interview de M. Issa Moussa, Gouverneur de la Région de Zinder : « Je suis totalement satisfait des travaux exécutés ; nous tiendrons le délai tel qu'il a été prévu, et la fête sera très belle » Monsieur le Gouverneur, Zinder accueille cette année la fête tournante du 18 décembre avec en toile de fond l'exécution du programme « Zinder Saboua ». Quel sentiment vous anime à la veille de la tenue de ce grand événement national et comment le préparez-vous?
Je vous remercie de m'avoir donné la parole pour me prononcer sur ce que nous sommes en train de faire dans le cadre de l'organisation de la fête tournante que nous avons appelée Zinder Saboua et qui coïncide avec le 60ème anniversaire de la Proclamation de la République du Niger. Le sentiment qui m'anime, c'est vraiment un sentiment de joie, de fierté, par rapport à tout ce qu'on est en train de faire dans notre région. Vous savez que la fête tournante a été instituée avec deux objectifs.
Le premier objectif c'est de faire en sorte que les capitales régionales soient des capitales où il fait bon vivre, et qu'elles soient attrayantes ; mais également booster le développement économique de la région. Et par rapport à tout cela, l'évolution actuelle de tous les chantiers qui sont en cours, je suis totalement satisfait et nous tiendrons le délai tel qu'il a été prévu, et la fête sera très belle.
Pour ce qui concerne la préparation, il faut dire que depuis que notre région a été désignée pour abriter cette édition, nous nous sommes organisés. C'est d'abord des réunions avec l'ensemble des couches socioprofessionnelles pour leur faire comprendre l'enjeu. Cette fête comme je venais de le dire, la région de Zinder, et particulièrement sa capitale, la ville de Zinder, non seulement va recevoir des investissements, des réalisations, mais également nous aurons, au moment de la fête, à accueillir des personnalités. Donc dans le cadre de ces deux objectifs, nous nous sommes organisés.
Nous avons demandé, à tous les ressortissants de la région qu'ils soient ici dans la région, ou qu'ils soient ailleurs dans la diaspora, de contribuer et d'appuyer, et de donner leur assentiment par rapport à la démarche et à la dynamique. Donc c'est ainsi que nous avons vraiment préparé l'opinion par rapport à toutes ces questions, notamment l'entretien des infrastructures qui vont nous être réalisées, mais également l'accueil des personnalités qui vont venir pour la fête. Sur ce point, nous avons fait beaucoup de choses, et l'état d'esprit est très bon.

Quelles sont les infrastructures qui sont prévues dans le cadre de ce programme de modernisation de la ville de Zinder ?
Quand on regarde le programme Zinder Saboua, il faut dire qu'à partir de Zinder Saboua, il ya une nouvelle vision de la fête tournante. Si pour toutes les régions qui nous ont devancés les réalisations sont bloquées pendant une année, nous ici, le programme Zinder Saboua est un programme triennal. C'est-à-dire que la première année va accueillir l'ensemble de tout ce qui est nécessaire pour que la fête soit belle ; ce qui est prévu justement par rapport à cette première année, c'est d'abord l'aéroport de Zinder ; lequel va être érigé en aéroport international où de gros porteurs vont atterrir. Là, 5 milliards ont été débloqués pour construire cet aéroport. Il ya aussi le Salon présidentiel de l'aérogare pour accueillir les étrangers ; là également 5 milliards ont été débloqués. Tous ces chantiers sont à au moins 70% de réalisation. Les techniciens et les cabinets de contrôle nous ont assuré que les délais vont être tenus. Il ya la voirie de la ville de Zinder. Je pense que vous avez fait un tour pour voir comment Zinder a véritablement changé de visage. 25 milliards ont été mis pour pouvoir réaliser cette voirie. Là aussi, les travaux se passent normalement et la SATOM nous assure de ce que nous aurons notre ouvrage au plus tard le 5 décembre.
Il ya la Tribune. C'est peut-être là où nous pouvons dire qu'on a quelques soucis. Pour ce qui concerne la Tribune elle-même, c'est-à-dire les matériaux d'assemblage, ils ont été commandé à partir de la Chine. Une partie est à Cotonou, mais une partie est encore en train de naviguer. En ce qui concerne la plateforme qui va accueillir la Tribune, il n'ya pas de problème, elle va être réalisée. Mais même si ce que nous avons commandé ne vient pas à temps, nous avons prévu un plan B qui va nous permettre de faire face à la situation. Il ya aussi le stade où il y aura beaucoup de manifestations. Là aussi c'est près de 200 millions qui ont été prévus pour le réhabiliter. Pour ce qui concerne la réhabilitation, c'est pratiquement fait à 80%, il reste seulement la pelouse. Et selon les informations qui nous parviennent, la pelouse va venir au temps requis et elle va être installée.
Pour la Case présidentielle, c'est un budget de 800 millions qui a été fait. Là aussi nous avons connu quelques soucis au début, mais maintenant c'est la vitesse de croisière. Nous pensons que d'ici le 5 décembre la case présidentielle sera au point. Il ya la cité Zinder Saboua ; c'est-à-dire les logements nouveaux qui vont être construits pour accueillir les invités. Ici, et c'est ça la spécificité de Zinder encore, ce sont les ressortissants et d'autres personnes qui ont accepté de prendre en charge et de construire ces bâtiments là. Le constat sur le chantier est que tous se mettent en œuvre pour terminer ces logements pour que nous puissions loger nos invités.
La MJC est pratiquement terminée. C'est juste la signalisation qui restait. Et aussi l'équipement : les salons d'honneur, les chaises, et les bancs qui vont être installés. Je peux vous assurer que nous sommes tout à fait contents, nous sommes rassurés de ce que tout ce qui a été prévu dans le cadre de cette première année de Zinder Saboua va être réalisé et réalisé à temps. Maintenant, il ya le reste pour les deux années à venir. C'est d'abord la poursuite de la voirie dans l'ensemble de la ville. Il ya des artères qu'il nous faut reprendre, qu'il nous faut réhabiliter. Ça sera le programme des deux années à venir. Il y a aussi la salle des conférences que nous voulons construire. C'est une très grande salle qui va accueillir des conférences internationales. Tout cela est prévu pour les deux autres années à venir. Plus des bâtiments administratifs à réhabiliter.

M. le Gouverneur, quelles sont les potentialités de la région de Zinder ?
La région de Zinder est une région à vocation agropastorale. C'est-à-dire que l'agriculture et l'élevage sont les principales activités de la région. Sur le plan agricole la région de Zinder regorge d'importantes potentialités. Nous avons une bande qu'on appelle la Korama, qui va de Doungass jusqu'à Matameye. C'est vraiment une vallée, qui, si elle est aménagée va permettre au moins à la moitié des Nigériens de se nourrir chaque année. Ça c'est la grosse potentialité. Il y en a d'autres disséminés dans d'autres départements où nous pouvons faire des réalisations pour pouvoir faire de l'agriculture.
J'ai parlé de la Korama. Parce que nous savons que ce sont des potentialités, nous sommes en train d'orienter des projets pour nous aménager la Korama ; des projets de mobilisation et de rétention d'eau. Le PRODAF, le PEMERSA, le PAC-RC, le PAC3 sont en train d'être dirigés de façon qu'ils nous aménagent cette bande pour permettre aux producteurs de mieux faire, mais aussi de les organiser pour créer des filières de commerce. Le PRODAF, si je prends cet exemple, est en train de construire des plateformes et des centres de collecte pour organiser les producteurs et les mettre en contact avec les acheteurs. Voilà ce que nous sommes en train de faire. Nous avons aussi, toujours dans le cadre de l'Initiative3N, un certain nombre de Maisons de paysans qui sont en train d'être construites ; que ce soit à Doungou, à Kéllé, à Bouné, et un peu partout les projets sont en train de nous les équiper. Chaque commune doit en avoir la sienne et progressivement avec les différentes composantes prévues.
Zinder est aussi une région à caractère pastoral. Il faut dire qu'un quart du cheptel nigérien se trouve à Zinder. Cela veut dire que l'élevage est une activité importante pour nous. Et lorsque l'on parle de l'élevage, ce sont deux aspects. C'est l'alimentation en eau du bétail, c'est le fourrage plus les intrants. Pour ce qui concerne l'alimentation en eau, les anciennes stations de pompage qui ont été construites dans les zones pastorales, notamment dans la zone de Tesker, Tanout, Belbédji et Gouré, sont en train d'être réhabilitées, et d'autres sont en train d'être construites à Aborak, Zabeitan, Gandoun Goriba etc. On a fait des stations de pompage un peu partout pour faire en sorte que nos animaux aient des points d'eau pour s'abreuver. Maintenant, il ya les intrants. Là, le gouvernement a pris des dispositions pour appuyer les éleveurs. Cette année, ce sont plus de 4000 tonnes d'aliments bétail qui ont été commandées.
Zinder c'est aussi le commerce. Nous sommes une région frontalière du Nigeria. Toutes nos activités sont dirigées vers ce pays, notamment les Etats du Nord, mais pratiquement l'ensemble du Nigeria. Nous sommes en train de prendre des dispositions dans nos rapports avec le Nigeria pour créer ce que nous appelons des corridors, c'est-à-dire des mécanismes de facilitation des transactions aussi bien des personnes que des biens de façon à booster le commerce. Je reviendrai certainement sur la question du marché Dollé qui a été construit.
Zinder, c'est aussi historiquement un centre culturel. Rappelez vous de ce qu'était le Damagaram, un grand Sultanat qui a occupé l'histoire de ce pays. Avec le temps, Zinder a aussi été un repère en matière de théâtre. Rappelez-vous de la troupe Yazi Dogo, et de toutes celles qui ont suivi après. Mais il ya aussi les activités sportives ; l'équipe de Zinder a été au top avec les Lawandidi, etc.
De toutes les réalisations faites ; les plus frappantes dans la région de Zinder sont au nombre de trois : c'est d'abord l'alimentation en eau. Il vous souvient qu'il ya trois à quatre années quand vous venez à Zinder à partir d'avril, mai, juin, c'était un calvaire ; pratiquement la moitié du temps de travail des zindérois et des zindéroises est occupée par des activités de recherche d'eau. Aujourd'hui le Président de la République, en construisant la station de Ganaram qui a coûté 22 milliards de FCFA, nous a résolu cette équation.
Aujourd'hui, non seulement la ville de Zinder est bien irriguée en eau, mais nous avons même fait des raccordements pour donner à Mirriah de l'eau à partir de la station de Ganaram. Cela a été véritablement une prouesse. C'est une question qu'on a trainée depuis des dizaines d'années, aujourd'hui, elle trouve sa solution. L'autre aspect, c'est le marché. Pour tout celui qui connait le marché Dollé il ya trois à quatre ans, c'était un fourre-tout, un lieu d'insécurité, de criminalité à la limite. Quand il pleut, vous ne pouvez même pas y rentrer. Le Président de la République a estimé qu'il faut rénover ce marché. Regardez ce qui a été construit en lieu et place : 12 milliards de FCFA ont été consacrés à la construction de ce marché là. Aujourd'hui, tous les zindérois sont fiers de cela, parce que ce marché non seulement contribue à la formalisation du commerce, mais également à la rénovation de nos villes.
La troisième chose sur laquelle je voudrai m'arrêter c'est le désenclavement de la ville de Zinder. Pour tous ceux qui se rappellent de la route Zinder-Magaria, Zinder-Gouré il y a quelques années, aujourd'hui quand ils reviennent, ces routes ont été totalement reprises. Il reste maintenant un autre calvaire c'est le tronçon Zinder-Tanout. Là également, le financement est acquis ; c'est l'Union Européenne qui va le reprendre, et très bientôt le Président de la République va venir pour lancer les travaux de cette route. C'est dire que Zinder sera totalement désenclavé. Cela est très important parce que lorsqu'on ouvre une région à l'extérieur cela veut dire que beaucoup de choses peuvent rentrer ou sortir. Les échanges, c'est cela qui fait le développement.

Réalisée par Oumarou Moussa
Envoyé spécial(onep)

18 décembre 2018
Source : http://www.lesahel.org

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