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Interview du Directeur régional de l’ONAHA Tillabéri : «Le rendement est satisfaisant au niveau des aménagements hydro-agricoles de Tillabéri, l’intensité culturale est estimée à 200%» déclare Falké Oumarou Idrissa

Interview du Directeur régional de l’ONAHA Tillabéri : «Le rendement est satisfaisant au niveau des aménagements hydro-agricoles de Tillabéri, l’intensité culturale est estimée à 200%» déclare Falké Oumarou IdrissaPrésentez-nous votre institution et son cadre d’intervention ?

L’Office National des Aménagements Hydro-Agricoles (ONAHA) est un établissement public à caractère industriel et commercial. L’ONAHA a quatre principales fonctions, à savoir la gérance du patrimoine public que forment les Aménagements Hydro-Agricoles (AHA) existants ou nouveaux ; l’accompagnement des organisations d’usagers dans la gestion hydraulique et dans la mise en valeur agricole des périmètres; le pilotage de programmes et projets d’investissement sur financement extérieur pour le compte de l’Etat et la réalisation de travaux d’aménagement d’AHA (neufs ou réhabilitation) et d’ouvrages de mobilisation de l’eau. Ainsi, pour améliorer l’utilisation des terres irriguées, il a été signé en 2017, un Contrat-plan entre l’Etat et l’ONAHA. C’est un plan quadriennal, le premier du genre depuis la création de l’Office en 1978. Ce document définit les objectifs à réaliser, les résultats attendus, les moyens à mobiliser et les modalités opérationnelles pour sa mise en œuvre; comme prévu par l’article 48 du décret 2015-354 Du 10 juillet 2015. Il s’agit pour l’Etat de permettre à l’ONAHA de remplir ses missions et activités telles qu’elles découlent du Décret. Le contrat-plan comprend des engagements précis de part et d’autre (allocation des ressources requises de la part de l’Etat, résultats à atteindre de la part de l’ONAHA et ses obligations en termes de moyens matériels et humains à mobiliser), des critères de performance et un système de gouvernance fiable qui conditionnerait les performances attendues de l’ONAHA.

La direction régionale de Tillabéri s’occupe de l’encadrement de la gestion des 33 périmètres aménagés de la région. 32 de ces périmètres sont destinés à la riziculture et un à la polyculture. La superficie brute de l’espace aménagé s’élève à 9 590,95ha dont 8 410,33ha exploitables. Du point de vue géographique, les aménagements sont repartis entre 249 villages et exploités par 26 116 producteurs, ce qui correspond à moyenne de 0,36ha par agriculteur. Nous produisons deux fois par an, soit une intensité culturale de près de 200%. Au sein de l’ONAHA, nous avons des services spéciaux, la question de la gestion des périmètres aménagés relève essentiellement du rôle de la direction de la mise en valeur et de l’analyse économique, notamment à travers son service dénommé promotion de petite irrigation. Par ailleurs, les directeurs des périmètres, mis en place par ce service, organisent et structurent l’ensemble des producteurs. Ces derniers sont ainsi constitués en 175 groupements et coopératives.

Les périmètres sont largement repartis sur une dizaine de communes à travers la région. Avec la multitude des groupements des producteurs, comment l’office assure la gestion des aménagements ?

Notre encadrement se fait par une approche de proximité. A cet effet, il a été mis en place des directeurs de périmètre, auprès des exploitants. Ces directeurs sont logés près des producteurs et ont pour rôle d’identifier les problèmes qui entravent la gestion et y répondre à la limite de leur responsabilité. Au cas où la situation s’avère plus délicate, le chef du périmètre fait recours à l’Office. Ce directeur de périmètre assure le suivi et la gestion rationnelle de l’eau au niveau des aménagements. Il y’a des tours d’eau qui sont installés partout, et qui fonctionnent suivant un calendrier bien déterminé, de façon à couvrir l’ensemble des champs. Nous apportons aussi un appui significatif aux producteurs, à travers l’approvisionnement en intrants agricoles. En ce sens, nous jouons l’intermédiaire entre la CAIMA et les coopératives des producteurs. Nous apportons également de l’assistance technique dans la gouvernance des coopératives. Notre objectif est d’intensifier la production et de rentabiliser les investissements de l’Etat dans la promotion de l’irrigation.

Quelles sont alors les difficultés qui se posent à la gestion des aménagements hydro-agricoles de votre région ?

Nous n’avions jamais eu de difficulté majeure sur l’ensemble des aménagements. Les quelques obstacles sont liées au respect des dispositions de gestion d’eau. En effet, certains exploitants récalcitrants vont à l’encontre de la règlementation. Nous collaborons avec des coopératives, pour sensibiliser largement les usagers des aménagements sur la gestion rationnelle de l’eau. Avec les nouvelles réformes de l’ONAHA, nous avons ce qu’on appelle des associations des usagers de l’eau, qui sont mises en places à plusieurs niveaux des périmètres. Elles sont suivies d’un accompagnement, et seront dotées de moyens nécessaires pour bien fonctionner et contribuer à la gestion rationnelle de l’eau.

Selon vous, peut-on parler de modernisation de l’agriculture dans notre pays ?

Le rendement, qui traduit l’efficacité de la production est satisfaisant au niveau des aménagements hydro-agricoles de Tillabéri, en témoigne l’intensité culturale estimée à 200%. La production est certaine, le résultat est appréciable. En plus, certains paramètres fondamentaux des aménagements sont mécanisés. Les installations de pompage d’eau sont d’une fonctionnalité irréprochable. Nous sommes en train de dépasser les pratiques traditionnelles.

Quel est votre mot de fin ?

Je tiens à féliciter cette initiative d’Etat, qui a conduit à la réhabilitation de beaucoup de terre d’irrigation. Au niveau de la région de Tillabéri, sur les 33 aménagements 20 ont été réhabilités, en espace de cinq ans, et d’autres sont en cours. Le gouvernement a consenti assez d’efforts pour la promotion de l’irrigation. L’ONAHA aussi a été renforcé en moyens pour mieux remplir ses missions.

Mahamane Chékaré Ismaël (Stagiaire)

09 janvier 2019
Source : http://lesahel.org

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