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Interview

Hassoumi point de presse NigerRFI : Est-ce que vous êtes d’accord avec ceux qui disent que le franc CFA empêche le développement et l’industrialisation des pays africains qui utilisent cette monnaie ?

Hassoumi Massoudou : Ma réponse est simple. Il suffit de comparer deux pays, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui sont des pays comparables géographiquement, comparables en termes de population, comparables en termes de ressources naturelles. Je ne pense pas que l’on puisse dire que la Côte d’Ivoire est moins industrialisée que le Ghana. Voilà la réponse. Je ne pense pas qu’il y ait cette relation automatique entre le franc CFA et la désindustrialisation. La Côte d’Ivoire est tout aussi industrialisée, au moins tout autant que le Ghana.

Est-ce que le franc CFA, accroché à l’euro, n’est pas une monnaie surévaluée, qui handicape les exportations et qui avantage les importations ?

Le franc CFA a une qualité essentielle liée surtout à la gestion par la Banque centrale [BCEAO - Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest] c’est la stabilité, c’est la protection du pouvoir d’achat des populations. En ce qui concerne le lien avec l’euro, je voudrais juste rappeler que ce n’est pas un cas particulier. Il y a plus de trente pays africains qui ont des arrangements monétaires du type du franc CFA, donc ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel. L’essentiel, c’est la politique monétaire mise en œuvre. Et nous avons une politique monétaire qui a l’avantage de protéger le pouvoir d’achat de nos populations et qui ne va pas contre la croissance, qui attire les investisseurs et qui permet d’avoir des politiques budgétaires, qui permettent de créer les conditions de l’industrialisation et du développement. Dans le temps long, je ne pense pas que les pays de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine], par exemple, soient plus en retard que les pays hors CFA. Donc ce type de comparaison n’a de pertinence que du point de vue émotif. Sincèrement, ce rappel du lien colonial, je ne pense pas que le franc CFA d’aujourd’hui soit comparable à un franc colonial. C’est un choix tout à fait souverain, qui peut changer, d’ailleurs, qui peut évoluer et qui continuera à évoluer.

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