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La Nigérienne de la semaine : Mme N’Zi Fati Hassane, cadre à l’Agence du NEPADFati N'Zi Hassane est directrice du programme Compétences et emploi pour les jeunes de l'AUDA-NEPAD.

Vue d'Europe, la migration africaine représente une crise de grande ampleur et déclenche de dangereuses tourmentes politiques. Pourtant, vue d'Afrique, elle reste une question d'abord et avant tout africaine. En effet, une part écrasante - 80%- des migrants africains restent sur le continent.

Peu le savent dans l'hémisphère Nord, mais l'Afrique du Sud, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, le Kenya et l'Éthiopie sont les principaux pays d'accueil en Afrique et reçoivent largement plus de migrants que n'importe quel pays européen. Ils jouent un rôle de pôles d'attraction sous-régionaux, voire continentaux, en raison de leur dynamisme économique.

Les flux migratoires en Afrique ne sont d'ailleurs pas nécessairement perçus comme un « problème », même si xénophobie et populisme peuvent se manifester, comme on le constate en Afrique du Sud de manière sporadique. Ainsi, d'importantes communautés guinéenne, malienne et cap-verdienne vivent en paix au Sénégal depuis des décennies. Le Maroc a été reconnu par nombre d'États subsahariens pour sa politique de régularisation des migrants, lancée en 2014. Sur un total estimé par les autorités de 35 000 réfugiés et sans-papiers, 28 000 ont soumis un dossier et 25 000 ont été régularisés.

Ancienne, régulière, la mobilité intra-africaine fait même l'objet d'un traitement largement positif sur le continent. Ainsi, le politologue camerounais Achille Mbembe articule depuis plusieurs années sa réflexion autour du « mouvement » des personnes et la notion « d'afropolitanisme ». « La pensée qui vient sera, de nécessité, une pensée du passage, de la traversée et de la circulation », écrivait-il ainsi en 2016 dans son essai Politique de l'inimitié (La Découverte, Paris).

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