Pourquoi le Nigeria suspend sa participation à la signature du traité de ZLEC ?

zLe Nigeria a brillé par son absence au sommet de signature du traité de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC) tenu à Kigali, la capitale rwandaise du 20 au 21 mars derniers. La première puissance économique africaine a officiellement donné le motif de son absence auquel s’ajoutent d’autres faits non déclarés par les autorités du pays.
Cette rencontre de Kigali visait à créer un cadre d’interaction pour identifier les problèmes que cet accord engendrera, en vue de trouver des solutions idoines. Durant les deux (2) qu’a duré le sommet, le Burundi et le Nigeria étaient absents au lancement de ce qui pourrait devenir le plus grand marché commun jamais conçu.

Si pour le Burundi, la raison de ce boycott est d’avance connue. L’absence de Pierre N’Kurunziza s’explique est tout simplement la mésentente entre ce dernier et son homologue rwandais Paul Kagamé, pour le Nigeria, le motif est tout autre. « La décision du président est destinée à donner plus de temps aux consultations avec le secteur privé », selon un communiqué de la présidence nigériane.

Ces dernières semaines, des acteurs économiques privés du Nigeria ont protesté contre la ratification de ce traité. A commencer par le puissant syndicat Nigeria Labour Congress (NLC), qui a vitupéré contre une décision unilatérale et s’inquiète des répercussions sur l’industrie locale non pétrolière. L’homme le plus riche d’Afrique, l’industriel nigérian Aliko Dangote, ne semble pas de cet avis. Il a d’ailleurs demandé à l’Union africaine (UA) son passeport panafricain, un sésame pour l’instant réservé à l’élite politique et économique du continent, débarrassée ainsi des contraintes de visa.


« Personne ne doit rater ce tournant historique parce que l’Afrique divisée, balkanisée et donc affaiblie, doit s’unir, précise, de Kigali, le chef d’Etat du Niger, Mahamadou Issoufou, chargé de mener à bien le processus. Il y a une forte volonté au niveau des dirigeants mais la campagne de sensibilisation est insuffisante auprès des opérateurs économiques. »
La Zone de libre-échange continentale (ZLEC) africaine peut-elle voir le jour sans le Nigeria, la première puissance économique africaine ?
La question restée posée.
Mahamane Sabo Bachir

21 mars 2018
Source : La Nation

Imprimer