Pour l'Afrique, la reprise économique est là, selon la Banque mondiale

La ville de Lagos (Nigeria)La ville de Lagos (Nigeria)Le choc a été violent.  La chute des prix des matières premières, en 2014, a non seulement marqué la fin du super-cycle des matières premières, il a aussi porté un sérieux coup à la croissance du continent africain.

Avec +1,3 %, l'Afrique avait enregistré en 2016 la hausse la plus faible de son PIB depuis deux décennies. En 2017, la croissance est remontée à +2,4 % et devrait, à moins d'un accident, poursuivre sa progression (à +3,2 % en 2018) pour atteindre 3,6 % en 2020. Un rapport de la SFI (Société financière internationale, la filiale de la Banque mondiale dédiée au secteur privé), s'appuie sur les mouvements de capitaux pour montrer que le continent africain a maintenant tourné le dos à ces difficultés.

Les flux de capitaux dans la région, sous forme de prêts bancaires et d'émissions d'actions et obligations, ont considérablement augmenté.

Le document, rendu public à l'ouverture de « l'Africa CEO Forum » consacré aux  perspectives qu'offre l'Afrique , souligne que « les flux de capitaux dans la région, sous forme de prêts bancaires et d'émissions d'actions et obligations, ont considérablement augmenté et traduisent l'amélioration de la perception à l'égard des marchés émergents en général, et de l'Afrique en particulier ». De 34 milliards de dollars en 2016, ils ont progressé de 12 % en un an à 38 milliards.

Déficit en infrastructures

Si les services font figure de locomotives, les  infrastructures demeurent un frein parfaitement identifié à la croissance.

L'Afrique subsaharienne est par exemple la seule région au monde à avoir vu la densité de son réseau routier baisser en vingt ans. Résultat, les coûts de transport restent élevés et freinent le commerce interrégional. Alors que 35 % seulement de la population a accès à l'électricité, le taux tombe à 30 % lorsqu'il s'agit de la santé.

Concentration urbaine

L'Afrique comme beaucoup de zones émergentes connaît un phénomène de concentration urbaine. En 25 ans, la population vivant en ville devrait doubler, souligne l'IFC, satisfait des opportunités qu'une telle concentration va apporter.

Cela dans un contexte de forte progression de la population : face à une moyenne mondiale de +1,7 %, celle de l'Afrique a crû de +2,9 % par an entre 1990 et 2016. Une hausse qui va de pair avec l'augmentation du niveau de vie. Selon la Banque mondiale, d'ici 2030, ces nouveaux consommateurs des classes moyennes devraient voir leurs rangs gonflés de 100 millions de personnes supplémentaires, à 160 millions. Cela, sur fond de hausse moyenne de 5 % par an des dépenses des ménages (+3,8 % en moyenne pour les autres marchés émergents). Dans le panier de la « ménagère middle class », ce sont surtout les transports et les technologies de communication qui devraient connaître la plus forte accélération, devant l'alimentaire et les boissons.

Michel De Grandi

28 mars 2018
Source : https://www.lesechos.fr/

Imprimer