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vendredi, 05 septembre 2008 10:27

L’Air du temps. La foi ou le business…

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A la première semaine du mois de Ramadan, le décor est assez bien planté pour témoigner des spécificités de ce mois béni par Allah et honoré par les hommes. Instants de ferveur et de recueillement par excellence, le mois de Ramadan est assurément le temps de toutes les mutations comportementales.

Ainsi, dans cette atmosphère ambiante de piété, les coeurs et les esprits s'apaisent, se cristallisent plutôt sur la caution des journées de privation et les intarissables rémissions attendues. Et nous voilà dans un nouveau monde sans heurts et ni tumultes. Durant tout ce mois, l'accalmie règnera et les vieux démons maléfiques moisiront dans les placards implacables de l'oubli. Si sur le plan de la foi, la tendance est globalement appréciable, le jeu est paradoxalement très corsé sur le plan des affaires. En effet, du côté du marché, tout le monde s'accorde à déplorer le fait que cette ébauche de piété n'ait en rien entamé le mercantilisme béat des revendeurs. Soucieux de tirer le maximum de bénéfices en cette période de haute consommation des différents ingrédients devant garnir la table à l'heure de la rupture, certains commerçants vont jusqu'à oublier qu'ils portent le jeûne.

Aussi, profitant du zèle et de la frénésie dépensière qui s'empare des gens, ils excellent dans la surenchère. Allez donc voir comment ça se passe actuellement chez les vendeurs de fruits, de viande et autres condiments, et vous comprendrez aisément le désarroi de ces jeûneurs qu'il n'est pas rare de rencontrer, revenant du marché, avec un maigre sachet noir à la main. Cet air d'opacité qui s'affiche sur le visage n'est pas la marque de la faim et de la soif qui les taraudent. C'est sans doute la manifestation de l'amertume ressentie face à la cherté des produits et l'indélicatesse des locataires du marché. Etant entendu que les prescriptions coraniques sont très claires, en ce qui concerne les sanctions qui frappent les auteurs de tout acte de surenchère, les spéculateurs de tous poils doivent faire leur choix entre la voie de Dieu et la fortune injustement acquise et amassée. Autrement dit, c'est la foi ou le business…
Assane Soumana

05 Septembre 2008
Publié le  05 Septembre 2008
Source :
Sahel Dimanche

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15