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vendredi, 12 septembre 2008 07:45

L’Air du temps. Comme larrons en foire…

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Durant tout le mois de Ramadan, le Petit marché de Niamey grouille de monde sans jamais désemplir toute la journée. Femmes, hommes et enfants y affluent quotidiennement pour s'approvisionner en viande, fruits, légumes et autres ingrédients intervenant dans la préparation des mets de rupture de jeûne.
 Résultat, l'affluence reste toujours celle des grands jours. Dans cette atmosphère étourdissante, clients, étalagistes, vendeurs ambulants, charretiers et colporteurs, fourmillent dans tous les compartiments du marché. Mais il a plus à craindre : les bandes de larrons qui se fondent dans la foule. En effet, cette atmosphère d'empressement général fait de scènes d'embouteillage et de bousculade, est une véritable aubaine pour ces autres''animateurs'' traditionnels du Petit marché que sont les spécialistes du vol à la tire et du pickpockets et bien d'autres malfrats du genre qui pullulent aux abords et dans tous les couloirs du marché. Comme c'est le cas pour les vendeurs de légumes et de fruits, cette période de haute affluence sur la Place du Petit marché correspond à une véritable traite pour les détrousseurs tapis dans la foule. 

Usant de mille et une astuces, ils guettent, avec leur regard gluant, dans tous les sens, près à sauter sur le moindre moment d'inattention pour vous faire le…sac. Car, en règle générale, leurs proies privilégiées sont surtout ces bonnes dames qui débarquent au marché avec un gros sac à main accroché au bras. Aussitôt ciblée, la proie est pistée, marquée et coincée dans les labyrinthes du marché ou au niveau d'un embouteillage, souvent créé à dessein. Et le tour est joué !...

Dans certains cas, ils se transforment carrément en garçons serviables en proposant gentiment aux dames de leur porter les précieux colis pleins de marchandises accumulées. La cargaison, une fois en leur possession, les ''petits malins'' arrivent, sans doute avec la complicité de leurs compères, à fausser compagnie à la légitime propriétaire. Un mode opératoire qui a déjà fait beaucoup de victimes au sein de ce marché où on a l'habitude d'assister à des scènes pathétiques montrant des dames courant dans tous les sens à la recherche de leur porte-faix envolé dans le…marché. Les locataires du Petit marché se rappelleront encore longtemps du spectacle affligeant offert, il y a de cela deux ans, par une jeune dame qui avait eu tort de faire confiance à un soi-disant talibé en lui confiant ses quatre pintades et tous ses condiments et légumes destinés à l'incontournable repas de fête, et qui s'est retrouvée sans rien. Le petit ''talibé'' s'est tout simplement envolé avec les quatre pintades et les légumes. Ne sachant quoi raconter à ''maïguida'' qui a dû beaucoup peiner pour trouver les frais, madame est restée longtemps sur la place du marché où elle a vidé toute sa réserve de larmes. Vous êtes prévenus.

Assane Soumana

12 Septembre 2008
Publié le 12 Septembre 2008
Source : 
Sahel Dimanche

 

Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15