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vendredi, 17 juillet 2009 22:11

L’air du temps : Sos, mariage en péril

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Mariages_NigerDes dépenses ! Encore et toujours des nouveautés et des protocoles entraînant des frais incompressibles et interminables à supporter. Franchement, de nos jours, l'institution du mariage est en passe de  perdre tout son sens d'antan. Jadis, le mariage n'était pas tant une question d'argent,
l'essentiel étant de lier des alliances saines et durables entre des familles et de    fonder un foyer viable à toutes épreuves pour les couples. Ainsi, la formule consacrée du mariage ''pour le meilleur et pour le pire'' trouvait toute sa signification. Mais de nos jours, que constate-t-on ? Dès qu'on dit mariage, on parle d'argent, de grosses et de nouvelles dépenses qui y sont induites. Dire que le pire dans tout cela, ce ne sont pas tant les dépenses essentielles, à savoir la dot et le traditionnel cadeau offert aux parents de la jeune mariée qui grèvent les budgets ! Car en réalité, la bête noire des candidats au mariage, ce sont ces réjouissances ruineuses et inutiles et autres dépenses accessoires propres à déstabiliser le budget des jeunes mariés. Curieusement, dans certains cas, ce sont ces mêmes futurs jeunes mariés qui se mettent la corde au coup en voulant tout bonnement jouer aux braves fortunés. Folie des grandeurs, quand tu nous tiens !... Aussi, on a vu des cas où l'unité de compte de la dot symbolique s'élève au million. Qu'à cela ne tienne, c'est leur argent… Cependant, il faut craindre l'effet d'entraînement. Car, de là à ce qu'une gloutonne ''waïgna'' exige qu'il en soit ainsi pour la dot de sa fille, le risque est réel.

Et encore, si toutes ces dépenses exorbitantes pouvaient servir de caution pour assurer une certaine pérennité aux liens sacrés du mariage. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, et tout le hic est là. Car, quoi de plus écoeurant que de voir quelqu'un engager toute sa   richesse dans un mariage et de voir le couple se disloquer quelques jours ou semaines seulement après le cérémonial ? Une telle situation étant devenue de nos jours très courante, on est bien en droit de se demander si les dépenses ostentatoires ne sont pas pour quelque chose dans la diminution drastique des mariages et de leur longévité. Par exemple, on pourrait bien comprendre l'intolérance d'un jeune marié, qui vient de dilapider toute sa fortune, face à la moindre indélicatesse de la jeune mariée, perçue d'un certain œil comme un véritable   ''gouffre à sous''. Dans un tel cas de figure il est très facile de deviner que la première bourrasque conjugale démolisse toute la fondation mal bétonnée du mariage, faisant brusquement s'éclabousser l'édifice conjugal, à  l’image d’un château de cartes. Ainsi, sans remords ni larme, on se tourne le dos et chacun rentre chez soi. Allons-nous vraiment laisser l'argent continuer à défaire l'institution sacrée du mariage, au risque de condamner nos sœurs et nos jeunes frères au célibat perpétuel ? A chacun de méditer sur la question. 

Assane Soumana
18 juillet 2009
Publié le 17 juillet 2009
Source : Sahel Dimanche
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15