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samedi, 10 décembre 2011 00:25

L’air du temps : ce froid qui change la vie

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Depuis quelques temps, le mercure chute progressivement en répandant un froid de canard sur les villes et villages de notre pays. Comme on peut l’imaginer, pour des vrais sahéliens habitués à la canicule, cette atmosphère glaciale change considérablement le vie quotidienne. Ainsi, à Niamey la capitale, les rues

deviennent quasiment désertes à partir de 22 heures. Fuyant le froid, les gens préfèrent rester terrés chez eux. Même les quelques intrépides noctambules, qui ne résistent pas à l’envie de sortir le nez dehors sont contraints de retourner au plus vite à la maison, tant ils sont transis de froid. Et, l’occasion faisant le larron, les malfrats, eux, trouvent là une bonne opportunité pour recouvrer leur basse vocation. Profitant des nuits glaciales où les rues sont profondément désertes, ces maraudeurs de nuit trouvent tout le plaisir du monde à se lever au milieu de la nuit pour raser les murs et en escalader certains pour sauter les verrous des portes des habitations et s’emparer des paisibles citoyens. Heureusement que les patrouilles nocturnes organisées régulièrement par les forces de Défense et de Sécurité sont là pour atténuer leurs ambitions inavouables.

Mais le froid, c’est surtout le difficile réveil par ces matinées glaciales. Déjà irrités de sortir du lit chaud, les travailleurs et les élèves pressés de regagner les chemins du bureau pour les premiers, et de l’école pour les seconds, doivent subir, aussitôt réveillés, le supplice de l’eau froide du bain matinal. Aussi, l’image de tous ces poupons lancés sur les chemins de l’école, toussotant et grelottant de froid, avec pour seule protection la légère tenue scolaire, est assurément poignante. Pourtant, nul n’ignore les effets incalculables du froid sur ces êtres aussi fragiles que sont les enfants, avec tout le lot de maladies infectieuses qui guette.

Et pourtant, les jérémiades viennent surtout des adultes. Ceux-là mêmes qui prennent soin de s’entourer de toutes les protections en s’habillant en blouson, écharpe, bonnet, turban et autres vêtements lourds. Pour d’autres, c’est l’occasion rêvée pour dépoussiérer les vestes et les costumes restés en souffrance durant de longs mois dans la garde-robe. Comme quoi, c’est le cas de joindre l’utile à l’agréable en faisant le beau gentleman du style veste-cravate, tout en se couvrant contre le froid. Mais malgré toutes ces précautions, les dégâts occasionnés par le froid restent inéluctables. Aussi, pour les uns, la peau se dessèche et devient rugueuse, tandis que les lèvres sont fendillées, les pieds complètement lézardés. Sans compter les états grippaux faits de toussotements intempestifs, de larmoiement des yeux et d’écoulement du nez. Et c’est sans grand charme….

Assane Soumana    

10 décembre 2011 
publié le 09 décembre 2011
Source : Sahel Dimanche

Dernière modification le mercredi, 29 février 2012 15:15