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vendredi, 23 décembre 2011 23:39

L’air du temps : génération “on a sifflé’’…

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On a déjà tout dit et redit, ou presque, sur la crise de l’école contemporaine. Mais, force est de constater que, plus on en parle, plus on s’enlise dans les dédales de la dérive. Nous en voulons pour preuve un seul exemple : celui de l’absentéisme. Voilà un phénomène qui,

en plus d’être fréquent au sein des établissements scolaires, amorce de nos jours une réelle tendance à la généralisation. Une impression que nous tenons des derniers remous qui, depuis quelques temps, perturbent le déroulement normal des cours au sein des établissements. La situation est plus criarde au niveau des établissements de la ville de Niamey où il est devenu fréquent de voir les élèves venir le matin dans les lycées et collèges pour rebrousser chemin, quelques minutes seulement après, reprenant le chemin retour pour revenir la maison. Demandez la raison à chacun des élèves, et il vous répondra sur un ton sec : ‘’on a sifflé’’…Et voilà tout, ‘’on a sifflé’’, et nul n’en sait trop…On ne vous dira jamais qui est ce ‘’on’’ qui a sifflé, et pourquoi il a sifflé. En revanche, pour tous les élèves (mais aussi pour les enseignants), le message est très clair: quand ‘’on ‘’ siffle, tout le monde rentre à la maison ! Simplement et même avec une certaine joie…

Comme quoi, les temps sont vraiment révolus. Oublié, le temps où, pour s’offrir le luxe de sécher un cours, le ‘’mauvais élève’’ est obligé de se planquer dans un coin, en se perchant dans un arbre ou dans les buissons, d’où l’école buissonnière. Exit aussi l’époque où, pour déclencher un mouvement dans les écoles, les dirigeants des associations d’élèves ont besoin d’arguments assez solides pour convaincre les camarades. Il faut tenir des AG et accepter l’épreuve des rudes débats contradictoires. Et ceux qui ont connu cette époque se rappelleront que pour conduire la troupe dans un mouvement, il faut trouver le prétexte et des arguments béton sous la forme d’une plate-forme revendicative couchée noir sur blanc sur un cahier de doléances. Et même là, il avait un ultimatum !...De nos jours, tout se passe comme si notre jeunesse est gagnée par une certaine lassitude. Ce qui pourrait expliquer que dès que le coup de sifflet retentit dans la cour, tous les élèves se précipitent dehors en lançant des cris de joie et de soulagement. Avec un tel effet de baguette magique que le coup de sifflet exerce sur les élèves en mal de désertion des classes, nous disons qu’il y a péril en la demeure. Car, de là à ce que le sifflet magique tombe dans les mains du plus récalcitrant de l’établissement, le risque est grand. Dans un tel cas de figure, on peut parier, cerise sur le gâteau, qu’il y aurait plus de cours ‘’séchés’’ que de cours enseignés. Plus grave est le fait que, ces derniers temps, l’on assiste au retour de la vieille pratique de pneus brûlés, dont les conséquences sont assez néfastes pour nos infrastructures routières acquises à grands frais...

Assane Soumana

23 décembre 2011 
publié le 23 décembre 2011
Source : Sahel Dimanche

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Dernière modification le mercredi, 29 février 2012 15:15