samedi, 17 mars 2012 03:42

L’air du temps : tous, au régime végétarien !

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VegetarienVous l’avez sans doute remarqué pour vous en réjouir: ces derniers temps, nos marchés regorgent de produits maraîchers provenant des périmètres irrigués exploités dans toutes les régions du pays. Choux, tomate, pomme de terre, salade, oignon,

courge, feuilles de Moringa Oleifera (copto) et autres légumes très prisés et nutritifs, foisonnent sur les marchés. C’est dire que le programme d’urgence lancé par les autorités en vue de faire face au déficit alimentaire ayant résulté de la précédente campagne agricole est entrain de faire ses effets. Dans tous les coins du pays, les braves paysans, hommes et femmes, se sont approprié ce programme en retroussant leurs manches dans les périmètres irrigués pour arracher à la terre le fruit de leur labeur. Le résultat est tout simplement  réconfortant.

Mais, cette surproduction pose problème: les producteurs qui ont trimé dur, jour et nuit, sur les rives du fleuve, dans les dallols du Boboye et du Dendi, dans la maggia de l’Ader, le goulbi du Gobir, dans les oasis de l’Aïr, les bassins et les autres points d’eau du pays, n’arrivent pas à  tirer le meilleur profit de leur labeur. En effet, du fait justement de cette surproduction, les produits maraîchers sont vendus à vils prix sur tous les marchés de la capitale. Jugez-en : le panier de tomate, qui se vendait, il y a quelques mois, jusqu’à 70.000 FCFA, ne coûte plus que 7.000 FCFA. Idem pour le chou,  dont le sac qui se vendait à 20.000 FCFA peut s’acquérir aujourd’hui à 4.000 FCFA. Des prix relativement plus raisonnables par rapport à ceux que les spéculateurs de tous poils imposent aux braves femmes au niveau sur les périmètres. En effet, faute de débouchés pour les exploitants, ce sont les acheteurs qui se font tout le loisir de fixer leurs prix. Dans un tel contexte, le sac de chou se vend à moins de 2.000 FCFA. C’est à prendre ou à laisser ! Une vraie braderie quoi. Peut-être que des dispositions auraient dû être prises pour accompagner les producteurs ruraux dans le circuit de la commercialisation.

Dans tous les cas, cette situation doit être capitalisée par les consommateurs eux-mêmes. Ces derniers doivent prendre le bon côté de la chose. Ils doivent cesser de crier à la famine et se départir de certaines habitudes alimentaires devenues, de nos jours, plutôt aléatoires. Ainsi, au lieu de s’agripper au traditionnel ‘’doonou’’ ou ‘’touwo’’, on pourrait bien s’accommoder d’un plat copieux de ‘’dambou’’ garni de feuilles de chou, de salade de légumes frais, de pomme de terre ou alors de ‘’copto’’ bien épicé. Surtout que sur le plan alimentaire, ces recettes à base de légumes sont réputées plus nutritives que celles à base de céréales dont beaucoup de gens ont du mal à se passer. Alors, tous au régime…végétarien !

Assane Soumana

17 mars 2012
Publié le 16 mars 2012
Source : Sahel Dimanche

Dernière modification le samedi, 17 mars 2012 04:08