vendredi, 23 mars 2012 23:29

L’air du temps : franchement !...

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Et voilà, les vieux démons sont de retour ! Alors que le pays a commencé à savourer le bonheur d’un climat politique apaisé, depuis quelques semaines, on assiste à une cristallisation de la vie nationale sur la chose politique. Autant dire que la trêve n’a

été que très courte, les Nigériens ayant irrésistiblement renoué avec leur sport favori : l’exaspération du débat politique sans fin ! Aujourd’hui, avec l’introduction de la demande de levée d’immunités parlementaires de députés nationaux, les chroniqueurs politiques trouvent matière à jaser. Dans les salons cossus, dans les fadas, et dans les médias de la place, les commentaires vont bon train et la passion est très vive. Le plus agaçant dans tout cet embrouillamini, c’est de constater comment les gens jouent à  se faire peur à longueur de journées. Assurément, au Niger, nous avons tout le mal du monde à se débarrasser  de cette maladie la ‘’politicomanie’’.  Ce mal de l’ère démocratique, qui a eu tout le temps de s’emparer de bon nombre de nos concitoyens, durant ces deux décennies d’exercice de la démocratie dans notre pays, est devenu une sorte de drogue pour certains de nos compatriotes qu’on peut identifier volontiers, à des ‘’accros’’ de la politicomanie. La seule différence avec la toxicomanie, c’est qu’ici, l’opium n’est pas de la poudre à sniffer, mais un ensemble de mots et de comportements qui vous plongent dans une certaine myopie.

Très sérieusement, cette obsession pour la chose politique qui semble caractériser notre pays n’arrange personne. Ni les acteurs de tous bords engagés dans cette guéguerre politico-politicienne, ni ceux qui les écoutent avec passion, encore moins le Niger. En effet, le vrai combat qui doit susciter l’enthousiasme des Nigériens demeure la bataille pour le développement. Aussi, tout débat ou gesticulation qui ne participe pas directement à lever les pesanteurs socio-économiques du moment relève de la pure diversion. Pour arriver à bon port et au plus vite, la locomotive du développement économique du Niger a plus besoin de bras valides déployés à travers les champs et sur les périmètres, dans les unités industrielles et sur les chantiers, que de mots et de verbiage creux. Voilà pourquoi, nous devons faire l’effort de nous libérer de cette ‘’forte fièvre’’ de politique pour parler moins et agir beaucoup en vue de vaincre les défis de l’heure. Car, assurément, ce n’est pas par  la polémique sans fin et la contradiction politique sans trêve que nous arriverons à répondre aux attentes de tous ces concitoyens qui, de nos jours, ne demandent qu’à manger à  satiété. Avant tout, comme on dit, ventre creux n’a pas d’oreille…

Assane Soumana

24 mars 2012
Publié le 23 mars 2012
Source : Sahel Dimanche