samedi, 02 juin 2012 22:11

L’air du temps : tirs groupes sur l’insécurité alimentaire

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3N  A l’heure où notre pays abrite les assises de la Réunion de haut niveau sur la crise alimentaire et nutritionnelle des Etats membres de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, qui se tiennent aujourd’hui, à  Niamey, il est opportun de jeter un regard attentif sur la problématique globale de

l’autosuffisance alimentaire, aussi bien au Niger que dans  le reste de la bande sahélienne. A ce propos, la question qui revient sur toutes les lèvres reste de savoir comment tourner le dos, et de façon durable, sinon définitive, au cycle des déficits alimentaires chroniques dans la sous-région sahélienne tributaire des aléas pluviométriques. Comment mettre les 78 millions d’âmes qui peuplent la zone sahélienne à l’abri de préoccupations d’ordre simplement alimentaire, dans un contexte marqué par une forte dépendance aux sautes d’humeur d’un ciel foncièrement capricieux ? L’équation est plus difficile à résoudre quand on y ajoute la part non négligeable d’autres facteurs aggravants comme les invasions des ravageurs (criquets pèlerins et mineuses du mil).
A toutes ces questions et sur tant d’autres, les autorités de l’espace communautaire de l’UEMOA et de la CEDEAO semblent avoir trouvé la réponse appropriée. Celle qui consiste à s’appuyer sur les valeurs de solidarité et de complémentarité qui sous-tendent la vision intégrée de la vie communautaire. En un mot, la riposte à tirs groupés sur le phénomène. C’est d’ailleurs dans ce cadre que s’inscrit cette réunion de haut niveau des Etats membres de l’Afrique de l’Ouest élargie au Tchad et à la Mauritanie qui se tient à Niamey sous la présidence du président Issoufou Mahamadou, Président du Comité de haut niveau sur la sécurité alimentaire dans l’espace UEMOA.
L’équation est certes ardue, mais non insoluble. Car, les potentialités existent et elles sont énormes. Nous avons les potentialités naturelles suffisantes, mais surtout un capital humain considérable. Mieux, il y a une volonté politique affirmée et partagée. Au Niger par exemple, le Président Issoufou Mahamadou a décidé d’aborder le problème de la sécurité alimentaire dans sa globalité à  travers l’Initiative 3N, les Nigériens Nourrissent les Nigériens’’. En tout état de cause, pour en finir avec le cycle infernal des déficits céréaliers, au Niger, tout comme dans les autres pays du Sahel, il faut et il suffit d’asseoir et de mettre en œuvre des stratégies efficaces qui doivent se traduire par une transformation radicale des mentalités, des techniques et des approches dans le secteur agricole. L’accent doit être particulièrement mis sur l’accentuation des appuis en termes de crédit agricole, d'investissements dans la modernisation. S’ajoutent également l’indispensable réorganisation des structures de production et l’encadrement judicieux des producteurs.
Assane Soumana

3 juin 2012
Publié le 1er juin 2012
Source : Sahel Dimanche

Dernière modification le samedi, 02 juin 2012 22:41