samedi, 03 novembre 2012 07:45

L’air du temps : rires et railleries à gogo

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Plaisenterie NigerNotre pays vibrera à partir de demain, samedi, la cinquième édition de la semaine de l’expression de la parenté à plaisanterie. Une fois de plus, cette manifestation viendra, comme l’ont voulu ses initiateurs, galvaniser la dynamique de la paix et de la concorde nationale, à travers des soirées entières qui seront riches en scènes de taquineries et autres railleries entre cousins.

La pérennisation de cette manifestation témoigne de l’attachement des différents groupes ethniques de notre pays à vivre dans une parfaite symbiose par la valorisation de cet héritage culturel inépuisable qu’est la parenté à plaisanterie. C’est dire que les passionnés de scènes ‘’d’altercations’’ verbales entre cousins, en auront pour leurs frais.
Entre autres histoires cocasses, vous en apprendrez davantage sur cette anecdote mettant en scène ce vieux muezzin Magobiri qui, après s’être réveillé très à l’aube pour l’appel de la prière du matin, a dû se soumettre à une rude épreuve de course endiablée tout autour de la mosquée devant son espiègle bourricot qu’il confondait, sous l’effet de la pénombre, à une méchante hyène qui avait l’habitude de s’aventurer jusqu’au fond du village pour s’attaquer au bétail. L’histoire raconte que ce jour-là, notre ‘’Magobiri Imam’’, très exténué par cette mésaventure, n’a guère pu appeler les fidèles pour la prière du petit matin. Ou encore cette histoire mille fois racontée et amplifiée en milieu Djerma à propos d’un Touareg qui, en voulant se pencher sur la margelle d’un puits très profond, histoire de satisfaire sa curiosité, eût la désagréable surprise de voire sa gibecière, qui contenait toute sa fortune, dégringoler vers le fond inaccessible du puits. Désemparé, notre malin Aghaly, réalisant qu’il n’a plus aucune chance de récupérer son argent, se mit à crier ‘’saddakâ ! …saddakâ !…’’. Comme pour dire de cet argent à jamais perdu, il en faisait cadeau à la veuve et à l’orphelin, dans l’espoir que Dieu le lui vaudra en ce bas monde ou à l’au-delà. Qui est dupe ?…Et que dire de cette cocasse histoire du cousin Maïga, qui monta un jour sur ses grands chevaux en menaçant de récupérer le lopin de terre qu’il avait prêté à son cousin Magobiri. Grâce à un complot rondement ourdi par sa femme, une cousine de Zarmaganda, avec la complicité d’un autre cousin Aghaly, le touareg, notre fougueux Maïga perdit la face, après avoir été pourchassé du champ en litige par son cousin touareg déguisé en méchant génie.  Maîga, qui s’est présenté à Agahly (qu’il prenait toujours pour le méchant génie de la brousse), sous le nom de Leyhana (nom de sa femme), a finalement juré de renoncer à son projet de retrait du champ à son cousin Magobiri. Le feuilleton était ainsi définitivement clos…Mais aussi l’histoire de ce policier Béri-béri qui menaça de verbaliser un chauffeur de transport en commun pour avoir commis le ‘’délit d’imprudence’’ de voyager avec un Peulh et un Maouri, deux cousins ‘’ingérables’’, assis côte à côte dans la cabine de l’automobile. Des histoires et des railleries, au relent caricatural, comme aiment se les raconter certains nigériens, toujours friands de fresques mettant en exergue les fourberies de tels cousins et les gaucheries de tels autres.
Assane Soumana

 

03 novembre 2012
publié le 02 novembre 2012
Source : Sahel Dimanche

Dernière modification le samedi, 03 novembre 2012 07:52