samedi, 15 décembre 2012 09:54

L’air du temps : sous le froid et la grisaille

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Ces derniers temps, le mercure commence à dégringoler en répandant un froid glacial sur nos villes et villages ; un froid qui vous inonde le corps. En vrais sahéliens traditionnellement habitués  à vivre tout le reste de l’année à 45° C à  l’ombre, il y a bien de quoi se lamenter en criant à l’austérité  des intempéries.

Aussi, depuis un certain temps les rues sont quasiment désertes même au cœur de la capitale la nuit où, à 22 heures déjà, les gens restent terrés chez eux. Même les quelques rares noctambules qui circulent encore sont transits de froid. La situation est franchement intenable le matin. Surtout pour les élèves et les travailleurs qui doivent se réveiller très tôt pour prendre une douche froide avant de prendre le chemin de l’école pour les premiers et du service pour les seconds. Aussi, on est littéralement ‘’givré’’  devant l’image de tous ces bambins n’ayant pour seule couverture que leur tenue scolaire généralement un pantalon et une chemise légère, grelottant de froid et courant dans tous les sens pour ne pas être en retard. Il semble que c’est la rigueur observée au sein des établissements qui leur impose un tel supplice. Ce à quoi nous rétorquons en disant : tenue d’accord, mais santé d’abord ! Car nul n’ignore les effets néfastes du froid chez ces êtres si vulnérables que sont les enfants.

Pourtant les jérémiades viennent surtout du côté  des adultes. Ceux-là même qui s’entourent de tous les soins pour se prémunir contre les intempéries. Ainsi, pour certains d’entre eux, c’est l’occasion de dépoussiérer la veste restée accrochée tout le reste de l’année. En tout cas, par ce temps de fraîcheur, tout passe : blouson, écharpe, bonnet, turban et autre vêtements lourds. Il n’empêche que, pour beaucoup de gens, les dégâts occasionnés par le froid restent immuables : toussotements et larmoiements incessants, lèvres fendillées, peau desséchée et rugueuse, les pieds complètement lézardés pour les uns, voire en lambeaux pour les autres, etc.  Comme pour en rajouter au calvaire enduré par les habitants de la cité, les indésirables rôdeurs de nuit viennent aussi s’en mêler en troublant le sommeil des paisibles citoyens crispés par le froid. Ainsi, profitant des nuits glaciales qui expulsent des rues même les plus intrépides noctambules, ces sinistres personnages n’attendent pas trop pour s’adonner à leur sport favori qui consiste à se lever au milieu de la nuit pour escalader les murs, sauter les verrous des portes habitations et déménager littéralement les biens de leurs victimes. Et le lendemain, on se réveille transis par le froid et l’affliction.

Assane Soumana

14  décembre 2012
publié le 14 décembre 2012
source : Sahel Dimanche

Dernière modification le samedi, 15 décembre 2012 23:54