Sanef 2018

samedi, 04 mai 2013 13:37

L'air du temps : fête du travail, loin du travail…

Évaluer cet élément
(0 Votes)

1er MaiLes travailleurs du monde entier ont célébré, mercredi dernier, la fête du 1er mai appelée aussi ‘’Fête du travail’’. A Niamey, comme partout ailleurs au monde, la tradition a été  respectée: le jour de la fête du travail, il n’y a pas eu de travail ! En effet, comme à l’accoutumée, les travailleurs ont déserté  les bureaux, les ateliers et autres lieux de travail pour prendre d’assaut les rues, tambour battant, pour le traditionnel défilé.

Comme on a pu le voir, les salariés fêtent le travail avec enthousiasme, en boudant obstinément le travail. Et tout le paradoxe du 1er mai est là  : c’est un peu comme si, pour la fête de la tolérance, on optait pour la ‘’tolérance zéro’’ en déclenchant des scènes de bagarres rangées. C’est aussi, comme si le jour de la célébration de la liberté de la presse, on procédait à une arrestation en série de journalistes. Ou encore, pour la Journée internationale de la francophonie, que tout le monde se mette à parler…  chinois ! Mais pour le 1er mai, il se trouve que ce paradoxe est même estampillé ‘’légalisé’’. En effet, le communiqué  du Ministère en charge du Travail est sans ambiguïté : ‘’la journée du mercredi 1er mai 2013 correspondant à la Fête du Travail, est déclarée fériée, chômée et payée sur toute l'étendue du territoire national’’, peut-on lire à la une du quotidien ‘’Le Sahel’’ en date du 30 avril 2013.

En fait, faut-il constater, le travail, le jour du 1er  Mai, n’est prévu que pour quelques rares corporations: hôpitaux, police, gendarmerie, mais surtout les pompes funèbres…  Sans oublier évidement les journalistes qui, assurant la couverture des festivités, sont mobilisés sur le terrain. Aussi, tandis que les délégués syndicaux et les militants déroulent les banderoles pour entamer le défilé,  les équipes de journalistes apprêtent caméras et stylos pour immortaliser la fête. Autrement dit, les uns festoient les autres travaillent…Et comme pour compliquer la tâche pour les rédactions, on assiste à un foisonnement des centrales syndicales. Cette année, on a enregistré une bonne dizaine de centrales syndicales ayant défilé, chacun de son côté, en dehors de l’USTN et de l’UGTN qui ont organisé un défilé commun. Et comme la fête du travail, c’est aussi l’occasion pour soumettre des doléances, la ministre de la Fonction Publique en a été bien servie. En effet, lors de la cérémonie de remise des doléances, c’est à une véritable avalanche de revendications qu’on a assisté. Chacune y allant de ses préoccupations, les centrales syndicales n’ont pas tari de doléances, les unes plus réalistes que les autres.  Ainsi va la fête du travail. Pause-défilé et tollé de revendications…

Assane Soumana

4 mai 2013
Publié le 3 mai 2013
Source : Sahel Dimanche