vendredi, 10 mai 2013 07:49

L'air du temps : arrondir les angles des disparités

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Femmes Niger 2009Lundi prochain, les femmes de notre pays seront une fois de plus au front pour célébrer la Journée nationale du 13 mai qui leur est consacrée. Cette date, faut-il le rappeler, fait référence à la marche historique du 13 mai 1991, date à laquelle nos sœurs, mères et femmes ont solidement noué leurs pagnes pour prendre d’assaut les rues de Niamey pour marcher jusqu’à la Primature où elles sont parties revendiquer une juste représentation des femmes aux assises de la Conférence Nationale Souveraine, qui était dans sa phase préparatoire.

De mémoire de Niaméen, on n’a jamais vu un tel déploiement de femmes marchant à pas vaillants, le foulard solidement noué autour des reins, et déclamant des slogans qui en disent long sur la légitimité et la fermeté de leur combat. Le message était aussi retentissant que convaincant : nos sœurs sont désormais conscientes de la prédominance de leur poids dans la balance du jeu démocratique qui se profilait à l’horizon dans notre pays, et elles n’entendaient pas se confiner dans le simple rôle de ‘’bétail électoral’’. La cause fut entendue, et les organisations féminines ont obtenu leur place parmi les structures ayant pris part à la Conférence nationale. Et durant trois bons mois qu’ont duré les joutes oratoires, la voix de la femme s’est élevée pour affirmer la combativité de la femme nigérienne.

 

De 1991 à nos jours, beaucoup d’eau a coulé  sous les ponts…Et aujourd’hui, soit 22 ans après, le chemin a été  certes parsemé d’embûches, mais les résultats sont concluants : les femmes occupent tous les compartiments qui leur sont dus jusque dans les plus hautes sphères de responsabilités de l’ appareil de l’Etat, au sein de l’hémicycle, dans le secteur privé, ainsi qu’au sein de certains métiers et autres corporations longtemps restés l’apanage des hommes. C’est dire que le combat a été fructueux. Cependant, il reste encore à travailler à arrondir les angles des disparités entre femmes et femmes. Loin de nous l’idée de verser dans une quelconque zizanie…Mais force est de constater qu’entre les préoccupations de la ‘’Grande dame’’  de la capitale roulant, de grosses lunettes sur le nez, au volant d’une rutilante 4x4, et celles de la ménagère du Niger profond, l’écart est énorme. Ainsi, tandis que la première se préoccupe de sa promotion sociale, sa sœur qui vit aux confins du Zarmaganda, du Damagaram, du Manga et de l’Aïr,  elle, trime du matin au soir, entre le pilon, le puits, la cuisine et le champ pour la corvée quotidienne. A regarder de prêt, tout se passe comme si les succès enregistrés dans le combat pour la promotion de la femme n’ont eu pour effet que de creuser davantage l’écart entre les femmes des villes et leurs sœurs vivant en milieu rural. No comment !....

Assane Soumana

10 mai 2013
Publié le 10 mai 2013
Source : Sahel Dimanche

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Dernière modification le vendredi, 10 mai 2013 08:35