dimanche, 19 mai 2013 11:09

L'air du temps -Télénovela : un phénomène anti culturel

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Telenova NigerSaloni, Rivales, Teresa, Luna, El Capo, El Diablo, Swarg, Shree, La fille de la mafia, Daniela, Au cœur d’océan, Affaires non classées, Drôle de frère,  Au nom de l’honneur, Sauver par l’amour, etc. La série est longue ! Pour certains, ces noms n’évoquent rien. C’est autant de titres de ces télénovelas (séries télévisées) qui nous envahissent à travers le petit écran. Pour l’essentiel, produites par des chaînes de télévision latino-américaines, voire d’Inde et de Turquie, les télénovelas rythment la vie de nos foyers.

 

Aux heures de diffusion, c’est toute la famille, souvent de la grand-mère aux petits fils, qui se réunit. Et bonjour la gêne, ave, les multiples scènes érotiques qui caractérisent souvent ces films. Mis à part le contenu culturel que véhiculent ces feuilletons, les télénovelas ont un autre impact pour le moins négatif. Généralement diffusées en soirée, les télénovelas constituent ‘’une coépouse’’ pour l’apprentissage des leçons par nos enfants. De nos jours, il est beaucoup plus facile pour certains de nos mômes de restituer le scénario de ces feuilletons que de réciter leurs leçons d’histoire ou de morale.

Cet impact psychologique ne se limite pas seulement aux enfants. En effet, il n’est pas rare, il est même fréquent, de constater même dans les services, des adultes incapables de manquer la rediffusion de ces séries télévisées. Mais, le plus grave, c’est que nos chaînes de télévisions se sont engagées dans cette frénésie. C’est en fait à une sorte de compétition que se livrent les télévisions pour diffuser tel ou tel autre feuilleton, en contrepartie de publicités généralement payées par certaines officines commerciales.

Et le mal, ne s’arrête pas aux télévisions de notre pays; il a atteint pratiquement toutes les chaînes de la sous région. Dans cette course effrénée, les acteurs de ces télénovelas dament les pions à nos talentueux cousins Souké, Siriki, Nastou et autres Gohou, pourtant plus proches de nous et qui abordent des thèmes propres à nos sociétés. Aussi, avec une telle dynamique engagée par nos propres télévisions, autant dire que les films africains et les autres productions locales n’ont pas besoin d’un pire adversaire, ou disons plutôt ennemi. Et à dire que nos Etats subventionnent toutes ces télévisions !

Siradji Sanda

16 mai 2013
Publié le 16 mai 2013
Source : Sahel Dimanche

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Dernière modification le dimanche, 19 mai 2013 11:44