Orange Money 300%

vendredi, 07 juin 2013 17:20

Les couacs du billetage

Évaluer cet élément
(0 Votes)

billetage NigerDepuis pratiquement une semaine, les services de l'administration tournent au strict ralenti. Raison ? L'opération billetage! Préoccupés par le souci de percevoir leurs salaires du mois de juin, les agents se bousculent dans les rangs au niveau des différents centres de paiement mis en place dans le cadre de cette opération qui exige la présence physique des fonctionnaires de l'Etat.

Sur la motivation de cette opération qui vise à permettre au gouvernement de se faire une idée plus claire sur le volume de la masse salariale, tout le monde s'accorde sur l'utilité de la chose. D'ailleurs, il se raconte déjà à Niamey que certains payeurs pas trop sûrs de pouvoir justifier certaines irrégularités accumulées au fil des années et qui, à l'issue du contrôle, jailliront à coup sûr de la boîte de Pandore, ont préféré agir par anticipation en prenant la clé des champs.

 

Cependant, sur le volet organisationnel de l'opération, que de couacs et de grincements de dents! En effet, en dépit des dispositions prises par les initiateurs en vue de créer les conditions d'un bon déroulement de l'opération, le calvaire enduré par les agents pour rentrer dans leurs droits est total. Le ton en a été donné dès le premier jour. Ainsi, le vendredi 31 juin, date du démarrage de l'opération, tous les guichets de billetage ont été pris d'assaut par les fonctionnaires pressés de ''palper'' leurs payes. Hommes et femmes se bousculent sans ménagement dans les rangs, dans l'espoir d'en finir au plus vite. Dans ce désordre organisé, certains principes comme celui de la galanterie à l'égard des dames, ainsi que celui du respect dû aux plus anciens, ont été carrément foulés du pied. Un spectacle de sauve-qui peut !...
A cet empressement général des salariés dont certains se pointent aux guichets à 4 heures du matin, dans l'espoir de figurer parmi les premiers servis, s'oppose la lenteur manifeste des payeurs qui n'arrivent souvent qu'aux environs de 10 heures pour suspendre le paiement quelques heures seulement après. Conséquence, il faut repasser plusieurs jours de suite et redoubler d'endurance avant de pouvoir accéder au guichet du payeur.
Et même là, rien n'est trop sûr...Car une fois entré en possession de l'argent, il faut redoubler de vigilance pour échapper aux convoitises des hiboux au regard gluant, tapis dans les parages, prompts à vous arracher le magot pour se fondre dans la nature. Hélas, c'est ce qui est arrivé à une femme qui, aussitôt après avoir perçu son salaire, tomba comme une mangue mure dans la nasse tissée par les malfrats rôdant aux environs du Trésor National. En dépit des cris de détresse lancés par l'infortunée, ces ''rats de caniveaux'' n'ont eu aucune difficulté à lui arracher la totalité de sa rémunération mensuelle avant de disparaitre dans les jardins. D'autres cas de vols de motos ont été signalés. Ainsi va le billetage...
Assane Soumana

07 juin 2013
Publié le 07 juin 2013
Source : Sahel Dimanche

{module 583}

Dernière modification le vendredi, 07 juin 2013 18:40