jeudi, 18 juillet 2013 22:55

L’air du temps : La foi ou le fric…

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Ramadan KarimA la première décade du mois de Ramadan, le décor est bien planté pour témoigner des spécificités de ce mois béni de Dieu et honoré par les hommes. Instant de ferveur et le recueillement par excellence, le mois de Ramadan est assurément le temps de toutes les mutations comportementales.

Ainsi, dans cette atmosphère ambiante de piété, les cœurs et les esprits s’apaisent, se cristallisent plutôt sur la caution des journées de privation et les intarissables rémissions attendues. A l’enthousiasme des jeûneurs, qui s’arment de foi et de courage pour effectuer un parcours sans faute en se pliant aux rigueurs du jeûne, s’oppose l’agacement de ceux-là qui, invoquant mille et un prétextes, se débinent du jeûne et de la privation. Quand les uns vous parlent de diabète ou de ‘’tension’’, d’autres vous parlerons de crises d’estomac ou d’ulcères ‘’très avancés’’.  Pour eux, tous les moyens sont bons pour esquiver l’épreuve.

Si sur le plan de la foi, la tendance est globalement appréciable, le dé est en revanche assez pipé sur le plan des affaires. En effet, force est de constater que sur le marché, la surenchère et la spéculation battent leur plein autour des prix des produits de grande consommation. C'est à croire que cet excès de piété a ravivé une certaine boulimie financière chez beaucoup de commerçants et autres revendeurs aux dents longues et aux visées mercantilistes. Aveuglés par le désir de tirer le maximum de bénéfices de la vente des ingrédients intervenant dans la préparation des mets devant garnir la table du jeûneur, certains commerçants vont jusqu’à sombrer dans l’arnaque sur les prix.

Aussi, profitant du zèle et de la frénésie dépensière qui s’emparent des gens, ils excellent dans la surenchère. Allez donc voir comment ça se passe actuellement chez les vendeurs de fruits, de viande et autres condiments, et vous comprendrez aisément le désarroi de ces jeûneurs qu’il n’est pas rare de rencontrer, revenant du marché, avec un maigre sachet noir à la main. Ce masque opaque qui s’affiche sur le visage n’est pas le fait de la faim et de la soif qui les taraudent, mais plutôt le signe de l’amertume ressentie face à la cherté des produits doublée de l’indélicatesse de tous ces badauds qui, les yeux ronds comme des billes, assaillent les couloirs de nos marchés, guettant la moindre inattention pour vous faire les poches. Au regard de la ferme condamnation que fait l’islam de la pratique de la surenchère, les spéculateurs de tous poils doivent faire leur choix entre la voie de Dieu et celle de la fortune injustement amassée à la faveur du Ramadan.  Pour ces derniers, le postulat est clair et s’énonce aisément : la foi ou le fric…

Assane Soumana

19 juillet 2013
Publié le 19 juillet 2013
Source : http://lesahel.org/
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