vendredi, 23 août 2013 09:12

L'air du temps : redoutables moustiques…

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En cette période de saison des pluies, la terreur vient des flaques d’eau stagnantes et elle se nomme…moustique. En effet, comme pour se venger de la raillerie des hommes qui n’évoquent son nom que pour renvoyer à l’image de l’infiniment petit, le moustique a bien acéré sa trompe pour disséminer le paludisme partout sur son passage.

Et comme il ne fait pas de quartier, il est tout bonnement désigné comme étant l’ennemi public n°1 en saison pluvieuse. Armé de sa trompe bien affilée, et animé  de sa hargne de nuire, il hante le sommeil des humains. Cynique, il vous agace d’abord par cet insupportable bourdonnement des ailes qui annoncent les hostilités, puis entreprend de vous asséner de méchants coups de ‘’sagaie’’ dans le dos, les reins ou aux pieds. Le supplice est pénible et les conséquences sont encore plus dangereuses.

Au pays des moustiques, le mâle est moins redoutable que la femme. En effet, tandis que le premier se nourrit simplement du nectar de fleurs, sa sorcière de femme, quant à elle, préfère au menu du jour, un bon bol de sang. L’appétit de ce redoutable prédateur, préviennent les spécialistes, est encore plus vorace chez les anophèles fécondées, étant entendu que le sang constitue l’élément indispensable à la maturation des œufs. Aussi, une fois fécondée, l’anophèle se rue sur tout ce qui bouge, le choix étant apparemment porté  sur les êtres humains. Une fois installé sur une partie du corps, il déploie son durillon, dressé tel un poignard, vous l’enfonce affreusement dans la peau jusqu'aux vaisseaux sanguins et entreprend de pomper le sang, tout en y injectant un fluide salivaire en vue de prévenir la coagulation.

Tout ceci serait peut-être supportable si cette agression se limitait à une infime goûte de sang perdue. Mais il se trouve que non seulement la piqûre est douloureuse, mais surtout elle se termine par la transmission d’agents pathogènes susceptibles de développer chez la ‘’proie’’ la tristement célèbre maladie du paludisme appelée aussi malaria, et dans certains cas, d’autres maladies telle que la fièvre jaune. Et voilà pourquoi, la trompe du moustique doit être répertoriée parmi les armes classées ‘’non conventionnelles ‘’ et bannie de notre environnement immédiat. Et pour tout compliquer, on constate que, ces dernières années, les moustiques ont développé des modes opératoires infaillibles pour mieux perpétrer leurs forfaits. Ainsi, en plus du fait  que les agents pathogènes inoculés résistent beaucoup aux médicaments comme la chloroquine et autres comprimés jadis très efficaces pour le traitement du paludisme, de nos jours, les moustiques semblent avoir également trouvé des astuces pour contourner les obstacles dressés par l’homme pour s’en protéger. Quand vous les bombardez avec un insecticide, ils trouvent les moyens d’en neutraliser les effets ; vous vous barricadez derrière votre moustiquaire ou sous le ventilateur, il y a toujours parmi eux de fins stratèges pour vous atteindre, en volant à rase-motte ou en rampant sur le drap. Des actes dignes de  banditisme de grands chemins!...

Assane Soumana

23 août 2013 
Publié le 23 août 2013
Source : http://www.lesahel.org

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