lundi, 03 mars 2014 21:36

Quand les ''chap-chapizé'' hantent les rues de la capitale

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Assane SoumanaC'est chose vue: un soir, aux environs de 22 heures, une jeune femme marchait paisiblement en bordure de la double voie longeant le CCOG, en échangeant au téléphone avec un correspondant. Par la fluorescence de la lumière se dégageant de son téléphone portable, on peut très facilement deviner que c'est un Smartphone d'une valeur plutôt appréciable.

La jeune femme se laisse bercer par la ritournelle de la conversation, en balançant tantôt la main, tantôt la tête, comme pour impressionner son interlocuteur à mille lieux de là. La communication passe bien et la causerie se fit captivante. C'est alors qu'une moto de type ''Kasea'', manœuvrée par deux jeunes gens, survint et s'approcha lentement de la fille au téléphone. Faisant semblant de lui parler, le second passager à l'arrière de la moto se pencha légèrement vers elle, puis, tout d'un coup, lui arracha le téléphone. La moto s'emballa, puis ralentit quelques dix mètres plus loin, tandis que la fille les poursuit calmement sans donner l'alerte. Tout ça a l'air d'un jeu entre cousins et cousine. Et lorsque la propriétaire du téléphone s'approcha, la moto repartit sur les chapeaux des roues pour disparaitre dans le tournant. Réalisant qu'elle venait d'être victime de vol à l'arraché, la victime se mit à crier à tue-tête ''au voleur ! Au voleur !...''. Il était déjà trop tard, car la moto, qui roulait tous feux éteints pour éviter toute possibilité de poursuite, n'était plus visible. Se lamentant à tue-tête, la victime s'en prend aux témoins impuissants de cette scène insolite en les accusant de tous les maux, pour n'avoir pu rien faire pour empêcher le coup. Mais rien n'y fit, le vol était déjà... consommé. Adieu le joli portable ! Même si la malheureuse victime semble avoir du mal à se rendre à cette évidence.

Des cas comme celui-ci, on en voit presque tous les jours dans les rues de Niamey. Il se trouve en effet, que l'on assiste à la naissance d'une nouvelle race de voleurs communément appelés ''chap-chapizé'', allusion au caractère rapide et furtif par lequel ils commettent leurs forfaits. Ce sont ces jeunes gens qui, circulant à moto, hantent les rues et les ruelles de la capitale, prompts à sauter sur la moindre occasion pour déposséder les paisibles citoyens de leurs biens. Leur modus opérandi consiste à rouler tout prêt des passants, leur sauter dessus pour leur arracher à la volée leurs téléphones ou tout autre objet précieux, et fondre dans la nature à coups d'accélérateur. Les proies sont toutes choisies: ce sont généralement les femmes! Le drame avec le vol à l'arraché, c'est qu'en plus de perdre son bien, on risque aussi d'être blessé, car souvent les voleurs déséquilibrent leur victime pour être sûrs qu'elle n'aura pas le temps de réagir pour alerter le voisinage. Le phénomène ''chap-chapizé'' prend des proportions inquiétantes à Niamey, au regard non seulement de la fréquence des vols enregistrés ces derniers temps, mais aussi du nombre de jeunes gens, notamment des adolescents, qui veulent en faire une carrière.
Assane Soumana