jeudi, 19 juin 2014 23:24

L'air du temps : Les vacances sont là, les mariages aussi

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Mariage 2010Je ne suis sans doute pas le seul à l’avoir remarqué: le week-end dernier, entre 21 heures et 22 heures, les rues de la capitale ont brusquement renoué avec le tintamarre des cortèges de mariage. Sur presque tous les ronds points et carrefours de la ville de Niamey, les cortèges de mariage ont offert un véritable ballet.

Partout, ces files de voitures et de motos déboulant à vive allure dans un concert de klaxons et de bourdonnement de moteurs. Vous avez compris, las vacances sont là, et avec elles la série des mariages. La campagne des mariages est ouverte. Pour les jeunes filles, cela correspond à l’ouverture de la ‘’chasse’’. Car, c’est le moment ou jamais de déloger le ‘’petit prince charmant’’. Autrement, il faudrait peut-être attendre jusqu’à la prochaine saison.

Aussi, que de stress et d’interrogations pour nos sœurs désireuses de rompre avec cette vie -oh combien tenace et illusoire!- de célibataire. Et avec les réalités du monde contemporain, elles sont de plus en plus nombreuses, les ‘’gabdi’’ et autres ‘’zontôrou’’ qui se bousculent dans l’espoir d’en attraper un. Il se trouve que pour ces dernières, le pari s’annonce plutôt difficile dans un environnement dominé par l’arrogance de leurs jeunes sœurs. En effet, jouissant de l’avantage de sa jeunesse, la génération montante s’accapare de tout, minant du coup le terrain pour les plus ‘’endurcies’’. Autrement dit, pour les plus âgées, l’équation se présente avec plusieurs inconnus s’il faut tenir compte du relatif déficit observé sur la liste des candidatures au mariage du côté des hommes, de surcroît très regardants sur la réputation de l’âme sœur.

C’est sans doute pourquoi certaines recalées, placées sous la menace permanente d’être frappées par la limite d’âge sur le registre du mariage, ne font plus de quartier. Ne pouvant plus s’offrir le luxe de trier dans le lot, celles-ci ne reculent devant aucun moyen pour se faire inscrire sur la précieuse liste des joyeuses ‘’amarias’’. Dans ce contexte de grande convoitise, même les hommes mariés, jadis écartés de la liste des prétendants privilégiés, trouvent une place honorable sur le tableau de chasse des ‘’gabdi’’ et des ‘’zontôrou’’. Ce qui ne va pas sans susciter des scènes d’incompréhension qui éclatent, le plus souvent à l’occasion des réjouissances de mariage ou de baptême, entre elles et les dames hostiles à toute idée de partage du foyer avec une autre aspirante vue comme une ‘’intruse aux dents longues’’.
Assane Soumana

20 juin 2014
Publié le 20 juin 2014
Source : Le Sahel 
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