vendredi, 04 juillet 2014 21:43

L'air du temps : Quand le ciel se lâche…

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Pluie NiameyCes derniers temps, elle était attendue avec impatience à Niamey. Et voilà, dans la nuit de mercredi à jeudi derniers, elle est enfin venue. De la belle manière et en abondance ! Vous avez bien deviné, on parle de cette pluie diluvienne qui s’est abattue sur plusieurs localités du Niger, en l’occurrence la capitale où il a plu des cordes la seconde moitié de la nuit durant.

Enfin le ciel se lâche! Ce fut un grand ouf de soulagement pour les Niaméens de voir les nuages et la fraicheur venir déloger de leur cité le soleil du Sahel et ses impitoyables rayons, en ce mois béni du ramadan. Il faut dire que depuis l’installation de la saison d’hivernage dans notre pays, les habitants de Niamey sont restés sur leur…soif, pour voir une averse digne de ce nom déferler du ciel pour venir arroser leur ville. Il est vrai que la plupart des régions sont relativement bien servies en pluviométrie, mais pour le cas précis de la ville de Niamey et ses alentours, il y avait quelque chose qui clochait : jusqu’alors, la plupart des manifestations pluvio-orageuses qui se dessinaient à l’horizon finissent par se désagréger aux portes de la capitale, dissipant ainsi l’espoir des habitants de cette cité de jouir des immenses bienfaits d’une journée pluvieuse.


Tandis que pour les uns cet état de fait n’est autre qu’un des signes des bouleversements liés aux changements climatiques, d’autres y voient plus profond. Plongeant les gens dans les méandres de la métaphysique, ils vous sortent des explications dignes de l’univers du conte merveilleux. Ainsi, ignorant royalement, et à dessein, les causes liées aux données météorologiques et climatiques, certains observateurs très ‘’doués’’, y trouvent la manifestation, grandeur nature, des sautes d’humeur de dame nature en réaction aux écarts de la vie des hommes. Pour indexer les fautifs, chacun y va de son interprétation, au gré de ses propres préoccupations. Ainsi, les oulémas accusent le comportement de certaines de nos jeunes sœurs qui brillent par leur manque de pudeur ; les politiciens accusent les amis d’en face; les charlatans et autres ‘’boka’’ invoquent l’abandon des anciennes pratiques du sacrifice; tandis que d’aucuns accusent la faillite des valeurs, comme la solidarité et la bonté.


Dans tous les cas, il ne faut pas aussi perdre de vue que la nature, elle aussi, a ses vices et ses mystères encore insoupçonnés. Il faudrait donc s’en tenir à cela. Car, s’il s’avérait que la pluviométrie et autres phénomènes climatiques sanctionnent les forfaitures et les manquements des humains, il y a belle lurette que les nuages auraient carrément déserté le ciel, sous d’autres cieux où la nature reste pourtant des plus clémentes.

Assane Soumana

04 juillet 2014
Piblié le 04 juillet 2104
Source : Le Sahel
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