vendredi, 19 septembre 2014 01:53

L'air du temps - Coût du mariage : parlons-en !

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Mariage tradiDot faramineuse, valise et parures pour les jeunes mariés, orchestres et uniforme pour les filles d’honneur, cadeaux plus ou moins obligatoires à faire par-ci par-là, bref, tout un chapelet de dépenses connexes incompressibles et interminables ! 

Autant de charges inutiles qui font que de nos jours, le mot mariage rime plus avec dépense qu’avec liaison de deux âmes sœurs. Tout récemment, la question du coût du mariage a ressurgi dans un forum sur Facebook suite à une information postée, lundi dernier, par un grand blogueur de la place, et faisant état d’une initiative prise par des filles du quartier Gamkallé de Niamey en vue de limiter le prix de la dot à 50.000 FCFA, dans leur quartier. Très sensibles au sujet, les jeunes internautes se sont rués sur le blog pour engager un débat torride sur la question.

Tandis que les uns trouvaient matière à plaisanter, d’autres ont estimé que le problème est assez préoccupant et que le débat devrait être pris au sérieux et approfondi. ‘’Sincèrement, je trouve que cette initiative est à applaudir. Si beaucoup de nos sœurs vivent dans le célibat en fréquentant chaque soir les bars où jouent les orchestres, ce n’est pas trop leur faute, mais plutôt celle de nos parents qui demandent les yeux de la tête pour des mariages qui, parce que fondés uniquement sur l'argent, sont devenus éphémères’’, a estimé un des internautes. ‘’J’ose espérer que cette initiative venant des filles de Gamkalé fera école’’. Un autre intervenant, qui a salué la démarche engagée par ces filles, a estimé que c’est là une initiative qui profitera à toutes nos sœurs. Les réactions continuent encore à être enregistrées.

Sur la pertinence du sujet, tout le monde est d’accord. En effet, force est de constater que ces dernières années, les réjouissances de mariage prennent souvent le ton d’une véritable compétition dépensière. Aussi, il n’est pas rare d’entendre une ‘’waigna gloutonne’’ réclamer une dot à hauteur de 500.000 FCFA, en arguant que la fille de sa voisine qui est moins belle que la sienne a eu une dot de 300.000 FCFA. Curieusement, dans certains cas, l’initiative de la surenchère vient du futur jeune marié obnubilé par le souci de prouver à la face du monde qu’il n’est pas ‘’n’importe qui’’.

Toutes ces dépenses seraient encore supportables si elles pouvaient servir de gage réel de consolidation des liens du mariage pour en assurer la pérennité. Hélas, ce n’est pas le cas dans la majorité des cas! Et aujourd’hui, on réalise que plus les mariages sont coûteux, moins ils sont viables. Sans doute que, sous l’emprise du goût amer des dépenses ruineuses, nos jeunes mariés ont le plus grand mal du monde à tolérer les caprices de ces ‘’amaria’’ qui leur ont coûté une fortune et ‘’pour rien’’. Et nous voilà dans l’ère des liaisons de plus en plus éphémères. Nul besoin de statistiques pour réaliser que la majorité de ces mariages noués dans la bombance ne franchit même pas le cap de la première année de vie conjugale. Comme si un petit malin génie jouait à défaire les nœuds sacrés du mariage solidement scellés devant des centaines de témoins…
Assane Soumana

19 septembre 2014
Source : Le Sahel

Dernière modification le vendredi, 19 septembre 2014 15:24