vendredi, 26 septembre 2014 04:06

L'air du temps : Hémorragie financière

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Franccfa NigerA l’heure où les préparatifs de la rentrée scolaire occupent les esprits, la fête de la Tabaski avance à grands pas. Pour les pères de famille, tout résonne en termes de charges financières à supporter sans possibilité de report ni de dérogation. 

Car, aussi bien pour les préparatifs de la rentrée des classes que pour ceux relatifs à la fête de Tabaski, les dépenses ont cette particularité d’être obligatoires et incompressibles. Pour la rentrée, l’hémorragie financière commence d’abord par le versement des frais d’inscription aux établissements d’accueil, la plupart des parents préférant orienter leurs progénitures vers les écoles privées du fait, dit-on, des craintes des perturbations intempestives des cours au niveau des écoles publiques. A ce niveau, même si certains établissements acceptent le système de versement partiel, l’ardoise n’est pas négligeable. S’ajoute la saignée des dépenses liées à l’achat des fournitures scolaires pour compléter la dotation distribuée par le gouvernement aux élèves. Après cela, il  faut affronter le coût de la tenue la rentrée, grand jour de retrouvailles entre les élèves, et puis de l’uniforme scolaire. Dans certains cas, pour faciliter le déplacement des enfants, il faut peut-être acheter une moto ou une bicyclette, ou souscrire un abonnement à un taxi. Autrement, c’est la corvée quotidienne qui attend les pères de famille l’année scolaire durant. Bref, un véritable…examen de passage pour les parents !


Et ce n’est pas fini. Car, cette année, les préparatifs de la rentrée se font simultanément avec ceux de la fête de Tabaski.  Et qui dit tabaski, dit quête de l’indispensable mouton pour le sacrifice d’Abraham. Un acte dont doit s’acquitter tout musulman qui a les moyens. De toutes les façons, la pression des enfants est encore plus vive que la nécessité du devoir religieux. Pour les bambins, c’est une véritable partie de plaisir que de voir un mouton attaché dans un coin de la cour. Au moins un mouton. Mais pas n’importe lequel, un bélier avec ses deux cornes ! Nul n’ignore de quoi ça répond. Car, la surenchère régnant sur le marché de bétail, à  mesure que les jours s’écoulent, les spéculateurs ne se gênent pas pour vous demander les yeux de la tête pour avoir le fameux mouton. N’a-t-on déjà pas vu des gens débourser jusqu’à 300.000 FCFA pour s’acheter un seul bélier ? Et une fois le mouton acquis, les enfants continueront encore à rouler les yeux autour de papa. Quoi encore ! Les habits de fête pardi !...Et ne comptez surtout pas sur madame pour vous dispenser des charges nécessaires pour l’achat de son bazin craquant et miroitant, ainsi que des frais de condiments pour le copieux repas de fête.

Au bout du parcours, l’hémorragie financière a fini  de vider le compte bancaire et les poches. Mais la joie est toujours là. Celle de se dire : ça n’a pas été facile, mais nous y sommes arrivés… Ainsi va la vie du père de famille, en ces temps qui courent.
Assane Soumana

26 septembre 2014
Source : Le Sahel

 

Dernière modification le vendredi, 26 septembre 2014 04:56