vendredi, 30 janvier 2015 07:09

L'air du temps : La badauderie en ses plus beaux jours

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Manifestaions badauderieUne scène de rue, comme il est fréquent d’en trouver à  Niamey. C’était la semaine dernière, aux abords de l’autogare Wadata. Là, se trouve groupée une foule d’hommes, de femmes, d’enfants et de vieillards, très enthousiasmés.

Bien que se trouvant en bordure de la chaussée, sur la voie principale qui longe la gare, cette foule de curieux est loin de se soucier du  danger que représente la valse ininterrompue des véhicules roulant à vive allure, là juste à leur hauteur. Un coup furtif d’œil au milieu du cercle, et voilà l’objet de cet attroupement: un charmeur de serpents ! Tenant en main un gros naja noir, visiblement dans tous ses états, le charlatan débitait des formules magiques en proposant à la foule une poudre réputée infaillible contre la morsure du serpent…
Des scènes pareilles, vous en convenez, sont monnaie courante dans les rues de Niamey où le fait le plus anodin attire sa nuée de curieux. Un banal accident de la circulation, un incendie ou tout autre sinistre survient, attire son lot de badauds fascinés. Tout de suite, les passants s’agglutinent et les  riverains accourent, toutes affaires cessantes pour dresser, en peu de temps qu’il n’en faut, une marée humaine.
Que dire, sinon qu’aujourd’hui, plus qu’hier, la badauderie a encore de beaux jours devant elle à Niamey. Voilà une réalité qui pourrait offusquer certains Niaméens, mais elle est trop vraie pour être tue : des badauds, c’est-à-dire, les individus qui s’attardent à regarder le spectacle de la rue, il y en a trop à  Niamey. Si ce n’est encore que pour satisfaire leur curiosité, la badauderie ne pose aucun problème. Mais il se trouve que ce n’est pas le cas. A cette curiosité de masse, vient s’ajouter le syndrome de la niaiserie, source souvent de bêtise humaine. Car, le drame avec le phénomène de la badauderie, c’est qu’il  développe chez ses ‘’accros’’ une sorte d’esprit moutonnier et imitateur, dénué de tout jugement. Et voilà qui pourrait expliquer les graves dérapages auxquels l’on a assisté lors des événements du 17 janvier dernier dans différents quartiers de Niamey, où les badauds ont offert à la face du monde des scènes  indignes d’un pays de paix, comme le nôtre. Pris dans ce sens, la badauderie doit être inscrite dans le registre des délits punis par la loi…  
Assane Soumana

30 janvier 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 30 janvier 2015 07:33