vendredi, 06 février 2015 15:42

L'air du temps : Quand la politisation à outrance empeste la vie

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Assane SoumanaQuel est à  votre avis le sport favori des Nigériens? Si vous avez répondu que c’est l’art d’exceller dans le débat politique sans fin, vous avez vu juste. Le Niger est ce pays où la chose politique mobilise plus d’ardeur et de passion que presque toutes les autres occupations. La situation est telle que, au Niger, nous sommes toujours dans l’ambiance propre à une champagne électorale sans fin. 

Dans les salons cossus, dans les fadas, et dans les médias de la place, les commentaires politiques sont perpétuellement au goût du jour. Il est proprement agaçant de constater qu’à longueur de journées, les discussions politiques vont bon train et la passion très vive.

Tout se passe comme si, au Niger, nous sommes envoûtés par un petit malin démon  qui travaille à  nous filer la ‘’politicomanie’’. Cette politisation à  outrance de la vie nationale constitue un fléau à prendre au sérieux. En effet, en plus de nous détourner de nos occupations les plus utiles, il empeste l’atmosphère en minant la paix sociale.  Ce nouveau mal de l’ère démocratique, qui a eu tout le temps de s’emparer de bon nombre de nos concitoyens durant ces deux décennies de l’apprentissage de la démocratie dans notre pays, est devenu une sorte de drogue pour certains de nos compatriotes qui ne vivent plus que de critiques et de zizanies politiciennes. Comme l’opium, ce transport exagéré pour les questions politico-politiciennes agit très fort sur nos comportements en nous plongeant dans la brume et la myopie. Refuser de voir les choses telles qu’elles sont, nier l’indéniable, soutenir le contraire de la vérité tangible, voilà ce qui caractérise certains acteurs engagés dans les débats politiques. En agissant ainsi, ces derniers trompent et trahissent la mémoire collective des Nigériens qui n’ont sans doute pas besoin de tant de confusion créée dans leur tête. Et de nos jours, avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information, notamment l’Internet et sa panoplie de réseaux sociaux, les dégâts sont incommensurables. Le pire, c’est de constater que la jeunesse est entrée dans le jeu en y entretenant des discussions politiques les plus sordides sur un ton préjudiciable à la paix et à l’unité nationale.

Très sérieusement, cette obsession pour la chose politique qui semble caractériser un grand nombre de nos compatriotes n’arrange personne. Ni les acteurs des différents bords politiques, encore moins le Niger et son peuple. A notre humble avis, le vrai combat qui doit susciter l’enthousiasme des Nigériens demeure la bataille pour le développement. Aussi, tout débat ou gesticulation qui ne participe qu’à raviver les pesanteurs socio-économiques du moment relève de la pure diversion. Pour arriver à bon port et au plus vite, la locomotive du développement économique du Niger a plus besoin de bras valides déployés à travers les champs et sur les périmètres, dans les unités industrielles et sur les chantiers, que de mots et de verbiage creux. Voilà pourquoi nous devons faire l’effort de nous libérer de cette ‘’forte fièvre’’ de la politicomania,  pour parler moins travailler plus. Car, assurément, ce n’est pas par  la polémique que nous construiront notre pays.  
Assane Soumana

06 février 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 06 février 2015 16:07