vendredi, 03 avril 2015 05:14

L'air du temps : Sous le dictat des gros porteurs

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Chassez le naturel, il revient au galop…En dépit de toutes les dispositions règlementaires existant, des règles très claires du code de la route, ainsi que des lamentations sans fin des usagers, il est encore pratiquement difficile de circuler à Niamey en toute aise, sans se heurter à l’indélicatesse d’un chauffard sans vergogne qui vous imposera de longues minutes d’attente au niveau d’un carrefour.

Il se trouve en effet, qu’en plus du fait que nos infrastructures routières accusent de réelles insuffisantes face à la croissance vertigineuse du parc automobile pour permettre un bon drainage du trafic au sein de la capitale, certains conducteurs en rajoutent au calvaire quotidien enduré par les usagers, en brillant par leur désinvolture, à la limite leur mépris, à l’égard des autres. Vous pouvez vivre l’exemple, grandeur nature, en empruntant la voie principale allant du Grand marché vers le Cinéma Soni Ali Ber. En effet, à certaines heures vous y trouverez des dizaines de camions chargées de marchandises qui  narguent les autres usagers en bloquant littéralement le passage. Piétinant les règles les plus élémentaires du code routier en matière de stationnement, et avec elles les droits des autres citoyens, les camionneurs ne se gènent pas du tout pour stationner leurs bahuts en plein milieu de la chaussée. Et comme le ridicule ne tue pas, quand vous leur faites remarquer qu’ils occupent la voie, ils vous demandent gaillardement si vous, vous  avez acheté cette route pour votre usage personnel.  
Devant cette indélicatesse des camionneurs, les autres usagers laissés à leur triste sort n’ont d’autre choix que d’abandonner la rue pour chercher d’autres passages, quitte à se faufiler dans les ruelles du quartier. Tout ceci montre à quel point la confusion règne dans cette jungle de la circulation urbaine à Niamey où, en dépit des mises en garde mille fois renouvelées, les camionneurs continuent de prendre en otage les rues de la capitale. En dépit des textes élaborés pour l’interdire et des dispositions pratiques prises pour accueillir ces gros porteurs dans des espaces emménagés à  grands frais à la périphérie, le problème reste entier. Les camions encombrent le centre-ville augmentant les risques de se faire écraser en pleine circulation par un gros porteur. Franchement, les autorités compétentes en la matière doivent sévir, et sans faiblesse, pour nous épargner les risques et désagréments liés aux mouvements de ces ‘’dangers publics ambulants’’ au cœur de la ville à toute heure de la journée.

Assane Soumana

 

03 avril 2015
Source : http://lesahel.org/