vendredi, 24 juillet 2015 08:47

L'air du temps : La prudence doit l’emporter sur la curiosité

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On a beau le dire et le redire pour le décrier, rien n’y fait ! Bon Dieu, que les vieilles pratiques ont la vie dure à  Niamey ! Pourquoi est-ce que la moindre petite scène de rue continue encore d’attirer, à  chaque fois, tout un flot de badauds enchantés? Le désir de ne pas s’en laisser raconter, me diriez-vous. Soit, sauf que de nos jours, la prudence doit rester le maitre-mot dans le comportement de tous les jours…Tenez !... 

Rien que la semaine dernière, l’on a assisté à un spectacle ahurissant au quartier Any Koira où l’arrestation, par la Police, d’un individu suspect a donné lieu à un attroupement gigantesque.
Comme on l’a vu sur les images d’une télévision de la place, une foule grouillante de badauds, visiblement très amusés, s’est formée sur les lieux pendant que les Forces de Sécurité opéraient avec délicatesse pour maitriser le suspect qui avait tout l’air d’un forcené. L’atmosphère était telle que la voie a été complètement bloquée au niveau du carrefour. On est littéralement saisi d’un pincement de frayeur de voir comment cette foule, composée de gaillards, mais aussi de bambins et de femmes, brave toutes les règles et les consignes élémentaires de prudence et de sécurité dans ce contexte où les odieux terroristes de Boko Haram multiplient les attentats dans plusieurs pays de la sous-région. Instinct de sécurité, zéro ! Aussi, c’est l’occasion pour rappeler tout un chacun à la vigilance et à la prudence, notamment en évitant de créer des attroupements face à la moindre scène de rue.
Hélas, on le sait, des scènes pareilles sont monnaie courante dans les rues de Niamey où le fait le plus anodin attire sa nuée de curieux. Un banal accident de la circulation, un incendie ou tout autre sinistre qui survient, attire son lot de badauds fascinés. Tout de suite, les passants s’agglutinent et les riverains accourent, toutes affaires cessantes, pour dresser, en peu de temps qu’il n’en faut, une véritable haie humaine et ceinturer les lieux.


Franchement, ce genre de comportement doit être banni du réflexe quotidien des Niaméens. Non pas seulement parce que les attroupements gênent les agents qui interviennent sur les lieux de sinistre, mais surtout parce qu’il faut observer un minimum de prudence devant certaines scènes, dans le contexte actuel où des mesures pratiques, souvent radicales, sont prises dans certains pays voisins face à la menace terroriste.

Assane Soumana(onep)
24 juillet 2015
Source : http://lesahel.org/