vendredi, 04 décembre 2015 03:17

L'air du temps : Jouir du fruit de notre mixité légendaire

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Assane SoumanaDans une réflexion précédente publiée dans cette même rubrique, en septembre dernier, après avoir constaté que dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, nous rentrons dans une phase électorale, nous exprimions cette grande inquiétude partagée par presque tous les observateurs avertis de voir, au détour d’un scrutin, un des pays concernés sombrer brusquement dans la spirale des violences électorales.

Fort heureusement, à l’épreuve des faits, cette inquiétude fondée sur un certain mythe qui voudrait qu’en Afrique, les élections soient presque toujours synonymes de contestations, avec leur cortège d’affrontements et de souffrances, ne semble plus avoir droit de cité dans nos pays.
Les exemples de la Guinée Conakry, du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, et tout récemment du Burkina Faso, sont là pour nous rassurer sur le fait que les élections peuvent se dérouler en toute douceur, et de la façon la plus démocratique possible. Exit donc le fameux mythe de la malédiction des élections sanglantes en Afrique !
Une simple analyse des scrutins tels qu’ils se sont déroulés chez nos proches voisins permet de nous édifier sur les ingrédients nécessaires et suffisants qu’il faut réunir pour gagner le pari d’une élection réussie. Ces ingrédients se résument à deux facteurs clés: un climat apaisé en prélude à la campagne électorale, et le sens aigu de responsabilité des acteurs politiques.
Voilà donc les deux tableaux sur lesquels il nous revient de jouer fort au Niger, pour emboîter le pas à ces pays voisins qui viennent de réussir leurs ‘’examens de passage’’ sans troubles ni souffrances, pour aborder en toute sérénité les échéances électorales de 2016.
Parlant de l’ingrédient relatif au sens de responsabilité de nos acteurs politiques, on peut dire qu’au Niger, nous disposons d’un capital d’acquis et d’expériences dans ce domaine. En effet, force est de reconnaitre, à la décharge de nos acteurs politiques, que jamais un d’entre eux n’a pris la grave responsabilité de poser, dans un scrutin électoral, un acte de nature à mettre en péril la quiétude sociale. En la matière, on peut même dire que nous avons fait des émules. A titre illustratif, on se rappelle de l’élégance avec laquelle le candidat perdant Seyni Oumarou s’est rendu jusqu’au domicile du Président élu, Issoufou Mahamadou, pour le féliciter de sa victoire à l’issue du 2ème tour du scrutin présidentiel de 2011. Nous osons espérer que ces valeurs restent encore très vivaces et qu’elles primeront au cours des prochains scrutins.
Malheureusement, pour l’autre ingrédient portant sur le climat apaisé, à l’état actuel des choses, des inquiétudes demeurent. Il se trouve en effet que certains novices de la politique, parce qu’insouciants, voire irresponsables, jouent à  créer une atmosphère tendue en transformant la tribune du débat politique en un vaste champ  d’invectives de folles rumeurs et autres déclarations incendiaires.
Mesurant le danger de la situation, le Premier ministre Brigi Rafini a saisi l’opportunité de la dernière réunion du CNDP pour rappeler les uns et les autres à plus de retenue. La cause est clairement entendue: il faut aller vers des élections en toute sérénité pour préserver la quiétude sociale, chère à l’ensemble des Nigériens. Il est donc temps que les pêcheurs en eaux troubles ravalent leur langue de… vipère ! Car les fils et filles du Niger aspirent à rester unis et solidaires, à jouir allégrement des saveurs de la paix et de la tranquillité, fruit de leur mixité légendaire.

Assane Soumana(onep)

04 décembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le samedi, 05 décembre 2015 00:37