vendredi, 15 janvier 2016 04:47

Pour la joie des mordus de la lutte

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Assane SoumanaDepuis bientôt une semaine, les compétitions entrant dans le cadre de la 37ème édition du Sabre national de lutte traditionnelle battent leur plein à Dosso. Une aubaine pour les amateurs de la lutte dont des milliers ont afflué vers la Cité des Djermakoye pour suivre, depuis les gradins de l’arène de lutte Salma Dan Rani, le déroulement des époustouflants combats des gladiateurs. Et dans le reste du pays, les mordus de la lutte traditionnelle -et ils sont très nombreux !- sont de la partie pour vivre l’événement dans une atmosphère faite d’enthousiasme et de suspens.

Ces derniers ne ratent aucun détail des pugilats âprement disputés par les lutteurs qui rivalisent de force, d’adresse et de techniques de combat. La magie des ondes radiophoniques ou télévisuelles aidant, les inconditionnels de la lutte restent suspendus à la frénésie des rudes confrontations, à la maison, au bureau comme dans la rue. Il n’est pas rare de voir certains mordus de ce sport noble marchant dans la rue, le poste radio collé à la tempe. Avis donc aux automobilistes qui devront faire preuve de plus de vigilance pour éviter les passants qui pourront traverser la voie, l’esprit téléporté dans l’arène et le corps en plein milieu d’un carrefour à Niamey! Symbole d’un scénario catastrophe…

 

Mais la lutte, c’est surtout le challenge entre les lutteurs venus des différentes régions du pays. Pour les passionnés du sport roi du Niger, le suspens est total et les pronostics vont bon train. Il faut constater que ces dernières années, les arènes sont dominées par de nouveaux rois. Il s’agit de cette nouvelle génération de lutteurs ‘’MC’’ avec des accoutrements plus modernes en lieu et place du légendaire ‘’walki’’, et pour certains, une coiffure d’un genre particulier avec des cheveux hirsutes, tels des loubards de banlieue. Et contrairement à leurs aînés des années 80 qui incluaient dans la lutte les forces occultes, à coups d’amulettes et d’autres poudres mystiques et mystérieuses, ces jeunes lutteurs qui ne manquent pas de talent, eux, comptent plutôt sur leur force physique et leurs capacités tactico-techniques pour s’imposer devant leurs adversaires. Ce qui fait dire à certains nostalgiques des Années Kadadé et Kantou, que la lutte traditionnelle n’est plus ce qu’elle était.

A l’évidence, il n’y a pas de quoi s’arracher les cheveux car, côté qualité des combats, la nouvelle génération de lutteurs assure bien. Ils n’arrêtent pas d’émerveiller les amoureux du sport noble en leur offrant des combats palpitants. Tant et si bien que les pronostics sont souvent faussés par l’élimination inattendue de lutteurs de renom par de parfaits inconnus. C’est à cela que l’on a assisté durant ce championnat à Dosso, avec la chute hâtive de Oumarou Bindigaou et Laminou Maïdaba, anciens détenteurs du prestigieux Sabre face à des lutteurs n’ayant pas encore fait leurs preuves. Pour le moment, au bout d’une semaine de combats, tous les regards sont rivés sur Yacouba Adamou et Adamou Abdou de Niamey, Issaka Issaka de Dosso, Yahaya Kaka de Tahoua, Malam Klé M’Boua de Diffa, et Rabiou Abdou Kankoura d’Agadez. Pour notre part, nous disons: ‘’que le meilleur gagne !’’

Assane Soumana(onep)

15 janvier 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 15 janvier 2016 06:05