vendredi, 05 février 2016 07:19

L'air du temps : Si j'étais candidat…

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Assane SoumanaRéduire considérablement le taux d'accidents de la route et de la circulation dans les centres urbains de notre pays : voilà un point qui si moi, j'étais candidat aux prochaines élections, j'inscrirais en bonne place dans mon programme de gouvernement. Car, à coup sûr, les électeurs parce que, révoltés et écœurés d'assister au quotidien à cette hécatombe, m'accorderont une oreille plus attentive, et peut-être leur confiance. Hélas, je n’ai pas encore entendu un seul candidat effleurer explicitement cette problématique des accidents qui se traduit pourtant par d’énormes pertes en vie humaine.

Car, aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que les accidents de la circulation constituent un objet de préoccupation quotidienne à Niamey, ainsi que dans le reste de notre pays. Il se trouve en effet que chaque jour, la conscience collective se heurte, et à tout bout de champ, à des scènes d'accidents, les unes plus tragiques que les autres. Les statistiques sont là pour nous édifier sur l’ampleur des dégâts. Selon les chiffres donnés récemment par le Ministère des Transports, à l'occasion de la célébration de la Journée africaine de la sécurité routière, le 18 novembre 2015, il a été enregistré de 2011 à 2014, au Niger, au total environ 26.000 accidents pour un total de 3046 tués, 11.953 blessés graves et 19.446 blessés légers. Pire, il en ressort que les principales victimes sont des jeunes de la tranche d'âge 20 à 39 ans.

 

Le pire dans tout cela, c'est de constater la faillite des valeurs d'humanisme et de solidarité qui entourent ces accidents. En effet, au mépris du bon sens qui commande à chacun un sursaut d'assistance à toute personne en danger, mais aussi de la loi en vigueur et écrite, noir sur blanc, qui impose à tous cet effort d'assistance, les auteurs et autres témoins de scènes d'accidents, affichent une certaine indifférence qui frise le manque d'humanisme à l'égard des blessés.

Oui, on me rétorquera que depuis l'avènement du SAMU, interdiction est faite de toucher aux blessés. Mais le problème n'est pas là. Il se trouve que ces dernières années, les auteurs d'accidents graves prennent de plus en plus le malin plaisir de fuir, laissant sur place des blessés sans secours. Et dans la plupart des cas, les témoins ne font rien pour permettre l'identification de l'auteur d'un tel crime. Remarquez que nous parlons de crime, et non de délit de fuite, car dans le cas d'espèce, la fuite peut conduire à la mort d'un blessé gisant dans son sang et laissé sans secours.

 

Franchement, ces accidents n'ont rien d'une fatalité. Il faut arrêter l'hécatombe ! Il faut une politique ardue pour prendre en charge la question. Il s’agit de faire en sorte que chacun prenne conscience de la gravité des faits. Il faut amener les uns et les autres à se départir de ce comportement qui frise l'insouciance pour privilégier l’observance des règles de prudence. Car, j’en suis persuadé, le jour où chaque conducteur de voiture ou de moto prendra conscience du fait que le moindre acte d’imprudence pourrait s’avérer fatal pour lui-même ou pour d'autres personnes se trouvant dans leur proche environnement, il y aurait sensiblement moins d’accident, donc moins de morts, de larmes et de pleurs…Avant tout, comme le dit l’adage : «Rien ne sert de courir, il faut partir à point''.

Assane Soumana(onep)

05 février 2016

Source : http://lesahel.org/

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