vendredi, 11 mars 2016 06:43

Liberté d’accord, mais responsabilité d’abord !

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Assane SoumanaCes derniers temps, alors que l’on s’achemine vers la tenue du second tour de la présidentielle, les jeunes militants des partis politiques travaillent à pourrir l’atmosphère sur les réseaux sociaux. La confrontation est devenue rude, voire insupportable, surtout sur Facebook, véritable boulevard ouvert aux jeunes pour s’adonner à toutes les dérives. Pour le comprendre, il suffit de jeter un petit coup d’œil sur les messages postés par les jeunes internautes et les discussions qu’ils déclenchent sur des groupes comme ‘’1 Million de Nigériens sur Facebook’’ ou encore ‘’500.000 Nigériens sur Facebook’’.

Au niveau de ces deux célèbres groupes, tout comme sur certains sites web d’information, l’intolérance est de mise. Un petit mot gentil en faveur d’un des deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle, et tu te fais copieusement vilipender par les admirateurs de l’autre challenger. Ce n’est plus de la simple polémique, mais de la hargne à l’état pur. Cachés derrière de fausses identités, les uns et les autres ne se gênent pas pour tenir des propos très graves qui entachent la cohésion sociale.

 

En plus du traitement intolérable réservé à nos leaders politiques qui sont insultés et caricaturés de la façon la plus malpropre par des enfants qui, dans certains cas, n’ont même pas l’âge de leurs fils cadets, ces jeunes internautes insouciants abordent, au détour de leurs âpres discussions, des sujets très graves aux connotations purement identitaires. Là se consument à petit feu les valeurs, qui sont pourtant très chères à tous, de l’unité nationale et du patriotisme.

 

Voici une situation sur laquelle l’on ne saurait rester indifférent. Saurait-on laisser faire sans rien entreprendre contre les dérives graves observées sur le web? A mon humble avis non! Je sais que d’aucuns brandirons tout de suite l’alibi de l’inviolabilité du droit à l’expression. A ceux-là, je dirais simplement que la liberté appelle la responsabilité. Comme dans le cas de la liberté de presse, la liberté d’expression implique d’abord et avant tout un niveau réel et avéré de responsabilité vis-à-vis de la société au sein de laquelle l’on évolue. Peuple épris de paix et de quiétude, les Nigériens ne sauraient faire les frais de l’inconséquence d’une certaine jeunesse qui cultive les germes de la haine et de la division. C’est pourquoi, nous disons : attention, liberté d’accord, mais responsabilité d’abord!

Assane Soumana(onep)

11 mars 2016
Source : http://lesahel.org/