vendredi, 25 mars 2016 04:01

L'air du temps : Un dada nommé WhatsApp

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Echanger à longueur de journée avec des amis, s’égayer en parlant de tout et de rien! Quoi de plus agréable pour consolider les valeurs de fraternité et de solidarité chères à notre société, dans le contexte de cette vie citadine où plane le spectre de l’individualisme et du repli sur soi ? Non, je ne parle pas ici des groupes de ‘’foyandi’’ qui mobilisent les week-ends des femmes, encore moins des fadas qui foisonnent à Niamey et dans le reste du pays.

Il s’agit ici de ce dada des groupes WhatsApp, ces cercles de causerie qui se développent dans notre pays par le truchement de la forte pénétration des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, via la téléphonie cellulaire. Pour ça, on peut compter sur la magie des applications WhatsApp, Viber et Imo, qui sont devenus les réseaux sociaux privilégiés auxquels l’on peut aisément accéder à partir du téléphone portable, pour des communications quasiment gratuites.

Doté donc de ces instruments, le téléphone portable n’est plus seulement qu’un simple moyen de téléphoner, il est devenu aussi un véritable outil de distraction. Ces canaux de communications étant aisément accessibles, pourvu qu’on soit connecté au net, les gens en usent et en abusent à cœur joie. La nouvelle trouvaille consiste à créer des groupes d’échanges à travers lesquels les usagers se disent tout. Et voilà comment WhatsApp, qui est notamment le plus développé de ces réseaux sociaux, fait fureur dans certains milieux de jeunes et surtout chez les Zontôrou et autres filles d’un certain âge, qui ne s’en privent guère.

Avec la vogue du WhatsApp, on peut voir les membres de ces groupes connectés en permanence, s’échangeant des messages par intermittence. Et comme si on ne saurait s’y dérober, la dérive s’installe. Ainsi, de la simple causerie utile, les échanges ont très vite fait de sombrer dans le domaine du blâmable. Il semble que certains groupes se sont spécialisés dans les messages les plus obscènes. On parle même de cas de divorces enregistrés à Niamey du fait des excès de perversion auxquels des femmes mariées se sont laissées aller dans les messages postés lors de causeries de groupes.

Pour les groupes de Zonrôrou et autres ‘’Gabdi’’ de la capitale, WhatsApp est un cadre privilégié de zizanie, de drague, et d’étalage d’incongruités les plus inimaginables.

Assane Soumana(onep)

25 mars 2016
Source : http://lesahel.org/