vendredi, 01 avril 2016 04:07

L'air du temps : La politique au menu du jour

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Assane SoumanaIl était évident que la clameur soulevée par les campagnes pour les élections présidentielles et législatives qui viennent de se conclure dans notre pays n’allait pas s’estomper d’un seul coup et sans laisser son empreinte sur la vie quotidienne des Nigériens. En effet, propagande oblige, la période ayant marqué les joutes électorales très facilement réveillé chez le commun des Nigériens un vieux démon qui avait déjà du mal à s’endormir.

Il s’agit de cette manie qui consiste à cristalliser presque constamment la vie nationale sur la ‘’chose politique’’.

 

Et voilà que, aujourd’hui, les élections sont passées, mais le vieux démon de la ‘’politicomanie’’, lui, rechigne à s’en aller, cherchant même à s’enraciner dans l’esprit de certains compatriotes qui en sont carrément obnubilés. Aujourd’hui, dans les salons, fadas, réseaux sociaux, médias, et autres cadres d’échanges, les questions politiques constituent le plat principal du menu du jour. Partout, les commentaires vont bon train et la passion se fait plus vive et virulente. Le plus agaçant dans tout cet embrouillamini, c’est de constater comment les gens jouent à se faire peur à longueur de journées. Ce mal de l’ère démocratique, qui a eu tout le temps de s’emparer de bon nombre de nos concitoyens, durant ces deux décennies d’exercice de la démocratie dans notre pays, est devenu une sorte de drogue pour certains de nos compatriotes qu’on peut identifier volontiers à des ‘’accros’’ de la politicomanie. La seule différence avec la toxicomanie, c’est qu’ici, l’opium n’est pas de la poudre à sniffer, mais un ensemble de mots et de comportements qui vous plongent dans une certaine myopie.

 

C’est le cas de le répéter encore : franchement, cette obsession pour le politique qui semble caractériser notre pays n’arrange personne. Ni les acteurs de tous bords engagés dans cette guéguerre politico-politicienne, ni ceux qui les écoutent avec passion, encore moins le Niger. En effet, le vrai combat qui doit susciter l’enthousiasme des Nigériens demeure la bataille pour le développement. Aussi, tout débat ou gesticulation qui ne participe pas directement à lever les pesanteurs socio-économiques du moment relève de la pure diversion.

Pour arriver à bon port et au plus vite, la locomotive du développement économique du Niger a plus besoin de bras valides déployés à travers les champs et sur les périmètres, dans les unités industrielles et sur les chantiers, que de mots et de verbiage creux. Voilà pourquoi, nous devons faire l’effort de nous libérer de cette ‘’forte fièvre’’ de politique pour parler moins et agir beaucoup en vue de vaincre les défis qui se posent à notre pays. Car, assurément, ce n’est pas par la polémique sans fin et la contradiction politique sans trêve que nous arriverons à répondre aux attentes de tous ces concitoyens. C’est dire en un mot que nous devons comprendre qu’il y a un temps pour parler politique, et un autre pour se retrousser les manches et se mettre résolument au travail.

Assane Soumana(onep)

1er avril 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 01 avril 2016 04:58