vendredi, 24 juin 2016 02:41

L'air du temps : Les candidats et la leçon de la cigale…

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http://nigerdiaspora.net/images/Eleves_Niger_2.jpgEn cette période correspondant à la tenue des examens de fin d’année scolaire, l’heure est fatidique pour les candidats. Ainsi depuis mercredi dernier, les candidats au BEPC subissent la dure loi des épreuves, tandis que ceux qui aspirent à l’obtention du Baccalauréat restent encore dans l’expectative. Autant dire que l’atmosphère est très pesante pour nos jeunes candidats. Comme dirait l’autre, l’heure de vérité a sonné. Pour les plus ‘’carriéristes’’ des candidats, c’est-à-dire ceux-là qui ont passé des nuits blanches à bûcher leurs cours et à s’entrainer en groupe, la délivrance sur les copies d’examen s’annonce moins angoissante.

En revanche, pour ceux qui, comme la cigale de La Fontaine, ont passé toute l’année à fumer le ‘’chicha’’ et à se trémousser aux airs endiablés du rap dans les ‘’fadas’’ et autres coins chauds, l’inquiétude règne. Seuls face à leur destin, ces derniers passent de longues heures sur leurs épreuves à méditer sur leur sort. Surtout que l’ère du fameux ‘’tuyau’’ et de la fraude est désormais révolue dans notre pays. Cette année, plus que lors des sessions précédentes, la HALCIA veille scrupuleusement à ce que tout se passe dans les règles de la stricte transparence. Aussi, l’on ne peut compter que sur ses propres moyens. Ce qui met les candidats dans une posture où ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur leur intellect. Comme au bon vieux temps...

Nostalgie quand tu nous tiens ! En effet, par ces instants d’incertitude qui se lit sur la mine patibulaire des candidats, l’on ne peut s’empêcher de replonger dans le passé pour revivre cette rage de réussir qui, au bon vieux temps, caractérisait les candidats au BEPC et au Bac. A cette époque-là, la réussite était perçue comme un défi crucial à relever absolument. Aussi, décrocher le Bac (pour utiliser l’expression consacrée de l’époque) était, d’abord et avant tout, une question d’honneur personnel. Rappelez-vous du fameux dicton ‘’le Bac ou l’exil !... ‘’. Ou carrément de vie : ‘’le Bac ou la mort, nous vaincrons’’, disaient les candidats sur un ton pathétique. Aujourd’hui, ces mots ont apparemment tout perdu de leur sens. Avec cette génération ‘’consciente et conscientisée’’, cette hargne du triomphe pour se tailler un avenir radieux s’estompe et s’émousse à petit feu. Et c’est bien dommage…

Assane Soumana(onep)

24 juin 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 24 juin 2016 03:22