vendredi, 08 juillet 2016 09:11

L'air du temps : Halte à l’utilisation abusive des biens publics !

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Assane SoumanaLa conception que les gens se font des biens publics dans notre société, parlons-en!...La question mérite assurément d’être posée, tant il est vrai qu’elle soulève beaucoup de problèmes. Mais, force est de constater que selon une idée généralement répandue, pour le commun des Nigériens, les biens publics sont la propriété de l’Etat, ils appartiennent à tout le monde, donc à personne! D’aucuns vont plus loin dans la conception de leur esprit brumeux pour assimiler les biens publics à une propriété du Gouvernement vu, non pas sous l’angle de l’institution, mais comme ce groupe de personnalités à la tête de l’appareil étatique. Vous avez souvent entendu parler de la fameuse appellation ‘’motan gomnanti’’ ou ‘’gomnanti moto’’ pour désigner les véhicules administratifs.

Toujours est-il qu’une telle vision tronquée n’annonce rien de bon quant aux soins avec lesquels il faut user et se servir de ces biens dits ‘’publics’’. Pour beaucoup de nos concitoyens, les biens publics de l’Etat sont voués à l’usage abusif, sans que le mauvais usager ait à répondre de ses actes. Malheureusement, cette compréhension est si largement partagée qu’elle se répand même chez certains responsables très hauts placés, qui pensent que ce qui relève du domaine public peut être utilisé, de façon exclusive et sans réserve, au détriment de tous les autres Nigériens.

Regardez un peu l’usage abusif que certains individus, responsables, ou même des structures entières, font de la voie publique. Regardez comment, en cette saison des pluies, des gens se lèvent tout bonnement le matin pour barrer une bonne partie de nos routes avec des blocs de cailloux, pour, soi-disant protéger la devanture de leurs domiciles. D’autres plus extravagants érigent carrément des cassis anarchiques sur la voie publique, mettant ainsi en danger tous les autres usagers. Comble d’inconscience, j’ai été frappé par le comportement de cet automobiliste qui, pour protéger son véhicule en panne, a placé une grosse brique en plein milieu de la chaussée. C’était dans la nuit noire, et l’auteur de cet acte ne s’est même pas soucié du danger que cette brique représente pour un motocycliste qui pouvait s’y heurter, et se tuer…

Mais un des exemples les plus frappants, voire intolérables, c’est ce spectacle qui se présente aux yeux des usagers de la voie publique, chaque jour, au Rond-point Maourey, en plein cœur de la capitale! Je fais allusion à cette cloison en tôle dressée sur la route allant dudit carrefour vers l’Ecole Mission, obligeant ainsi les usagers à faire le grand tour pour contourner l’impasse. Si pour ceux qui ont érigé cette ‘’barricade’’, cela se justifie par l’existence d’un chantier en bordure de cette route, pour les autres usagers, cela n’est ni plus ni rien qu’une confiscation du droit des autres citoyens de jouir de cette infrastructure publique. Déjà, beaucoup d’usagers et des riverains se sont plaints de cette situation, mais rien n’y fit. Et, depuis des mois, impossible d’emprunter ce passage. C’est un cas parmi tant d’autres.... Preuve que nous avons encore beaucoup à apprendre à l’école du…civisme!

Assane Soumana(onep)

08 juillet 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 08 juillet 2016 09:40