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lundi, 28 juin 2010 03:43

Consommation de bois à Niamey : entre nécessité et protection de l’environnement

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Consommation de bois à Niamey : entre nécessité et protection de l’environnementLe bois constitue la principale source d’énergie dans un pays dont les 2 tiers du territoire sont désertiques. Ce paradoxe est constatable même dans les gros centres urbains de notre pays. 90% des ménages urbains utilisent quotidiennement du bois pour leur consommation selon la direction régionale de l’environnement. A Niamey, ce sont chaque matin des cargaisons de bois qui sont acheminés par camion, par charrettes asines ou à dos de chameau.

Au regard de la consommation toujours grandissante du bois pour les besoins d’énergie d’une part et d’autre part face à l’amenuisement de la ressource, des mesures alternatives s’imposent.


Des étals et points de vente de dimensions variables sont tout aussi visibles dans tous les quartiers de la capitale. Même si ce secteur génère des revenus pour beaucoup de concitoyens, la recherche d’une solution alternative s’impose pour limiter la disparition accélérée de la ressource.    La région de Niamey consomme à elle seule 200.000 tonnes de bois ou 800.000 stères. Et la consommation ne fait que s’accroître d’année en année. Les statistiques au plan national sont parlantes. En effet, déclare le capitaine Zakaria Ousseini, directeur régional de l’environnement et de la lutte contre la désertification, la quantité de bois commercialisée annuellement et contrôlée par les services de l’Environnement   est passée de 332 522 tonnes en 2005, à 344 708 tonnes en 2006, 357 354 tonnes en 2007, 377 154 tonnes en 2008 et 390 205 tonnes en 2009. Il s’agit là des quantités contrôlées. Quant on sait que dans les campagnes, le bois constitue la source exclusive d’énergie d’une part et que d’autre part les services de l’environnement n’ont pas la possibilité de contrôler tout ce qui se passe en termes de coupe de bois, on se rend à l’évidence que la quantité réelle prélevée sur nos forêts chaque année est plusieurs fois plus importante que les statistiques officielles. C’est ce qui explique que l’approvisionnement se fait de plus en plus difficile. En effet, comme le confirment les services de l’environnement, l’approvisionnement de la capitale se fait à partir deux (2) axes  à savoir la zone incontrôlée et la zone contrôlée. La zone incontrôlée est la zone traditionnelle d’exploitation du bois mort.  Mais actuellement le bois se  fait rare au niveau de cette zone. C’est la raison pour laquelle, on assiste à des abus sur le bois vert. Quant à la zone contrôlée, c’est la zone d’exploitation moderne et modèle de bois  pour garantir la durabilité de la ressource, c'est-à-dire satisfaire les besoins des générations actuelles et futures. En termes de distance, les services de l’environnement ont identifié trois (3) catégories. La zone dite inferieure à 40 km de la capitale, la zone 2 se situe à une distance comprise entre 40 et 80 km et la zone dite  supérieure est à 80 km. D’après le capitaine Zakaria Ousseini, des règles de gestion ont été mises en œuvre dans les zones modernes d’exploitation de bois. Il s’agit, entre autres, du respect des espèces à couper, de la hauteur et du diamètre, du respect de la période de coupe et des investissements pour régénérer la forêt.  Les principales zones modernes d’approvisionnement de la capitale sont Torodi, Kirtachi, et Kouré. En outre l’activité d’exploitant de bois est soumise à une stricte réglementation. Pour en exercer, il faut être membre de l’Association Nationale des Exploitants de bois (ANEB) et être enregistré comme professionnel au niveau du service de l’Environnement (Carte professionnelle). Même les camions destinés au transport de bois sont formellement identifiés par une couleur référentielle (Blanc -vert).

Au regard de la consommation toujours grandissante du bois pour les besoins d’énergie d’une part et d’autre part face à l’amenuisement de la ressource, des mesures alternatives s’imposent. Pour un pays dont les deux (2) tiers sont déjà désertiques, baser les réponses aux besoins énergétiques sur le bois est un choix non rationnel. Des tentatives de réponses ont vu le jour. Il s’agit notamment de la vulgarisation des substituts à moindre coût et avec facilité d’allumage comme le charbon minéral et le gaz. Ce dernier est d’ailleurs subventionné par l’Etat. Il y a deux ans, le prix de la bouteille de 12 kg est descendu de 12.000 F à 5.000 F. Toutefois, la cherté des équipements n’est pas pour permettre une large diffusion de cette mesure. En effet, le faible pouvoir d’achat des ménages notamment en milieu rural ne leur permet pas d’acquérir les équipements. C’est dans cette optique que les efforts doivent être aussi concentrés dans des mesures plus appropriées en l’occurrence l’utilisation des foyers améliorés et certains fours modernes utilisant des combustibles  autres que le bois est une solution. Par ailleurs, il faut préciser qu’en plus de la satisfaction des besoins énergétiques, le bois est utilisé pour les constructions des cases, hangars, toitures, fourches, piquets, dans le domaine de l’artisanat ; c’est le bois de service. C’est aussi des quantités non négligeables qui sont chaque année prélevées sur nos forêts.

Siradji Sanda
 

25 juin 2010
Publié le 25 juin 2010
Source : Sahel Dimanche
Dernière modification le mardi, 28 février 2012 13:15