L'air du temps

A l’heure où la grande messe du monde francophone bat son plein à Erevan, en Arménie, qui accueille le Sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’occasion s’y prête de jeter un regard critique sur l’objet même qui fut à l’origine de l’organisation, à savoir la langue française. A ce titre, le constat est sans appel : la langue française est gravement menacée, allant jusqu’à frôler les limites de la dérive. Depuis belle lurette déjà, les puristes ont tiré sur la sonnette d’alarme sur les prémices du déclin de la langue de Molière qui s’affichaient à l’horizon.

Aujourd’hui, avec l’avènement de la culture Internet, la coupe est pleine et nos illustres académiciens, trop regardants sur la rigueur et la vivacité de cette langue, n’ont plus rien à faire que de s’arracher les cheveux (ou ce qu’il leur en reste encore) sur la tête. D’ailleurs, certains observateurs très avertis parlent déjà de ‘’combat quasi perdu de la francophonie dans la culture Internet’’. Et ils n’ont pas tort. Car, force est de constater que, dans l’univers de la toile, le français importe des termes plus qu’il n’en exporte. Aussi, au niveau international, le Français a un rayonnement quasi nul dans le vocabulaire d’Internet.

Sur les 840 termes qui ont été créés par la Commission de terminologie et de néologisme de la langue française à l’effet d’endiguer la propagation de termes d’origine étrangère, seuls quelques rares termes ont tenu tête face à leurs équivalents en anglais. C’est le cas des termes français comme ‘’ardoise électronique’’ (supplanté par tablette), frimousse (pour smiley), terminal de poche (pour smartphone), etc. Aujourd’hui, la plupart de ces anglicismes sont passés dans l’usage courant, voire dans le dictionnaire au détriment des idiotismes en français. Voilà pourquoi de nos jours, dans le texte français le plus savant, l’on se heurte à une forte résonnance des anglicismes.

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