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L'Air du temps : Pour tous ces morts tombés sur nos routes, j’accuse !...

L'Air du temps : Pour tous ces morts tombés sur nos routes, j’accuse !... Le débat sur le feuilleton tragique des accidents de la route est assurément loin d’être clos dans notre pays. Oui, parce que la route continue de tuer ! Rien que la semaine dernière, précisément le vendredi 02 juin 2017, les voyageurs ayant emprunté la Nationale N°1 ont été tétanisés par les images d’un tragique accident survenu aux environs de Koddo. Une ambulance qui venait de quitter Niamey à destination de Doguérawa, a heurté de plein fouet un camion avant de s’abimer, tuant plusieurs personnes se trouvant à son bord. Les images, qui continuent de faire le tour des réseaux sociaux, en l’occurrence WhatsApp, sont insupportables. Avant ce sinistre, nous avions été témoin, de retour d’une mission ministérielle de Tahoua, d’un autre accident non moins tragique survenu dans la nuit du 24 mai dernier, entre Doutchi et Dosso. Là, c’est un véhicule de transport en commun de type «Hiace 19 Places» qui a été pris en sandwich par deux gros porteurs, suite à un dépassement hasardeux qui a mal tourné. Tous les occupants de 19 Places sont passés de vie à trépas…

L’hécatombe continue !...Une situation qui fait des routes nigériennes parmi des plus dangereuses au monde avec un taux de mortalité lié aux accidents de la route de 23,7 tués pour 100.000 habitants, comme l’atteste le rapport de l’OMS de 2013. Ainsi notre pays se classe en 5ème position des pays de la CEDEAO, après le Nigeria qui a 33,7 ; la Guinée Bissau 31,2 ; le Burkina Faso 27,7 ; et le Bénin 23,9. Quant au taux de gravité de la route, il était de 26,4 pour 100.000 habitants, en 2015.

A la mémoire de tous ces voyageurs fauchés par la mort en bordure de nos routes, sachant que la vie humaine vaut la peine d’être préservée à tout prix, mais surtout que les accidents de la route ne sont pas une fatalité, j’accuse !... J’accuse ces conducteurs insouciants, qui par leur insouciance et imprudence, tuent à la pelle des voyageurs innocents. J’accuse ces camionneurs coupables de tous ces accidents tragiques par des stationnements dangereux en bordure de la route, sans placer le moindre avertisseur signalétique, ne serait-ce que des branches d’arbustes, pour annoncer aux autres usagers la présence d’un véhicule stationné. J’accuse de laxisme les agents de la police et de la gendarmerie en charge de veiller au respect des règles élémentaires de sécurité sur nos routes. Mieux, j’’accuse le ministère des Transports de manque d’initiative par rapport à la récurrence des accidents toujours plus meurtriers les uns plus que les autres.

Car, il est franchement inacceptable que l’on continue d’assister, sans agir, à cette série noire d’accidents évitables, mais bêtement provoqués par des gens qui n’ont aucun souci de mettre la vie des autres à l’abri du péril. S’il le faut la loi doit être revue pour être rendue plus sévère en vue d’arrêter l’hécatombe. Et elle doit s’appliquer avec la plus grande rigueur à tout automobiliste qui viendrait à occasionner des morts d’hommes du fait de l’inobservance des mesures très simples qui peuvent sauver des vies humaines. Aussi, sur cette question cruciale, nous osons interpeller aussi bien les Ministères concernés que les députés pour l’adoption d’une loi plus appropriée, parce que très sévère, pour imposer à tous et chacun le respect des règles indispensables de prudence et de sécurité routière. Ainsi seulement, voyager sur nos routes cessera d’être synonyme de désolation et de deuil.

Assane Soumana(onep)

09 juin 2017
Source : http://lesahel.org/

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